Ensemble d'opérations hostiles restant sous le seuil du conflit ouvert, conçues pour rester indéclarées, inattribuables et ambiguës.
La guerre hybride, parfois appelée conflit de zone grise, désigne les opérations qui infligent des coûts et de l'incertitude à un adversaire tout en restant en deçà du seuil formel de la guerre. Elle se mène par cyberattaques, sabotage d'infrastructures, brouillage des signaux de navigation ou désinformation, et recourt à des intermédiaires, navires sous pavillon de complaisance, groupes criminels ou diasporiques, pour brouiller la responsabilité. Son enjeu assurantiel est majeur, car elle efface les quatre propriétés sur lesquelles reposait l'exclusion de guerre classique : elle n'est ni déclarée, ni attribuable, ni bornée, ni cinétique. La question fondatrice de toute exclusion, ce dommage relève-t-il de la guerre, devient alors sans réponse certaine. La guerre hybride brouille de surcroît la frontière entre criminalité, espionnage et guerre, plaçant chaque sinistre sur un continuum plutôt que d'un côté ou de l'autre d'une ligne nette.
Le sabotage de câbles sous-marins en mer Baltique par des navires traînant leurs ancres, sans qu'aucun État n'en revendique la responsabilité, est un cas typique de guerre hybride qui défie les exclusions de guerre des assureurs.
conflit de zone grise, guerre de zone grise, hybrid warfare, gray-zone conflict