Guerre hybride
Ensemble d'opérations hostiles restant sous le seuil du conflit ouvert, conçues pour rester indéclarées, inattribuables et ambiguës.
Le 25 décembre 2024, le câble électrique Estlink 2 entre la Finlande et l'Estonie est coupé ; les autorités finlandaises arraisonnent l'Eagle S, un pétrolier sous pavillon des îles Cook soupçonné d'avoir traîné son ancre sur le fond, et aucun État ne revendique rien. La guerre hybride, ou conflit de zone grise, désigne ces opérations qui infligent un coût et de l'incertitude à un adversaire sans franchir le seuil formel de la guerre. Cyberattaques, sabotage d'infrastructures, brouillage des signaux de navigation, désinformation : on les confie à des intermédiaires qui diluent la responsabilité, navires de complaisance, groupes criminels ou diasporiques. Pour l'assurance, elle efface les quatre propriétés sur lesquelles reposait l'exclusion de guerre classique : elle n'est ni déclarée, ni attribuable, ni bornée, ni cinétique. La question fondatrice de toute exclusion, ce dommage relève-t-il de la guerre, n'a plus de réponse certaine. Le marché a tenté de la reposer. Le Lloyd's Market Bulletin Y5381 d'août 2022 impose aux syndicats d'exclure les cyberattaques soutenues par un État à partir du 31 mars 2023, et les clauses LMA 5564 à 5567 font reposer cette exclusion sur l'attribution. Or c'est précisément l'attribution que la guerre hybride rend introuvable. Chaque sinistre se place alors sur un continuum entre crime, espionnage et guerre, plutôt que d'un côté ou de l'autre d'une ligne nette.
En mer Baltique, des câbles sous-marins sont sabotés par des navires qui traînent leur ancre. Le 25 décembre 2024, c'est le câble électrique Estlink 2 qui est coupé, et aucun État n'en revendique la responsabilité. Le cas est typique de la guerre hybride, et il met en échec les exclusions de guerre des assureurs.
- Bureau national d'enquête finlandais (KRP), enquête ouverte en décembre 2024 sur l'Eagle S et la coupure d'Estlink 2
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