Publications & Analyses
Recherche appliquée sur l'assurance, la réassurance, les risques émergents et l'intelligence artificielle.
31 articles
ESG et souscription : du greenwashing à la sélection des risques
Environ trois assureurs britanniques et européens sur quatre élaborent des lignes directrices ESG pour la souscription (Marsh), et plus de 150 actions collectives pour greenwashing étaient recensées aux États-Unis au début de 2025. Il faut trier. La posture de valeurs n'a pas tenu au retour de bâton de 2025 ; la matérialité financière fait de l'ESG un prédicteur de sinistralité. L'assureur tarife un risque, il n'arbitre pas la vertu.
On n'assure pas une croyance
Les contrats vendus sous le nom d'assurance de réputation paient la perte de chiffre d'affaires après un scandale, la cellule de crise et les honoraires de l'agence de communication, et ils se déclenchent sur un seuil de couverture médiatique ou un indice de sentiment. La réputation elle-même reste hors du contrat : elle n'existe que dans l'opinion des autres, et personne n'en détient le titre. Le marché n'en assure que l'ombre comptable.
La modélisation des risques spatiaux
Sur treize mille satellites actifs, à peine trois cents sont assurés, pour quelque 600 millions de dollars de primes par an. Ce qui bloque est le modèle, pas le danger : données rares, débris trop petits pour être suivis, syndrome de Kessler, et un risque que l'activité assurée fabrique elle-même.
Le risque que tout le monde a en même temps
Au printemps 2020, des dizaines de milliers d'entreprises ont déposé la même déclaration, la même semaine, pour la même raison. Le restaurant, la salle de sport, le cinéma, le dentiste croyaient tenir chacun sa propre garantie contre la perte d'exploitation. Ils ont découvert, tous ensemble, qu'ils tenaient la même police contre le même événement.
Le risque de réputation à l'ère des réseaux sociaux
Les polices réputation plafonnent entre 10 et 50 millions de dollars ; les cinquante premières entreprises mondiales portent environ 11 000 milliards d'actifs incorporels. On n'indemnise pas une opinion. La police paie l'écho financier du dommage, jamais sa substance, et la seule protection qui tienne reste la conduite de l'entreprise.
Quand votre assureur vous note en temps réel
Votre prime se fixait autrefois une fois par an, à partir de quelques faits, votre âge, votre voiture, votre code postal. Un capteur surveille désormais chaque accélération, chaque freinage brusque, chaque trajet nocturne, et ajuste ce que vous payez. Conduisez bien, vous êtes récompensé. Cela paraît plus juste, évidemment plus juste, et c'est exactement là que commence le problème.
La réassurance des pandémies : après Covid, quel marché ?
La Covid a coûté 44 milliards de dollars aux assureurs, partout à la fois, et la diversification dont vit la réassurance n'a pas joué. Wimbledon a touché environ 141 millions après dix-sept ans de primes pandémie ; les obligations de la Banque mondiale ont payé quarante jours après la déclaration de l'OMS. Le risque ne se porte plus que dans un partenariat public-privé, qui mutualise dans le temps ce qu'on ne peut diversifier dans l'espace.
L'insurtech a-t-elle menti ?
On a promis de faire à l'assurance ce qu'on avait fait aux taxis et aux hôtels. Souscrire en quatre-vingt-dix secondes, être indemnisé par un algorithme, payer un prix taillé par la donnée. Dix ans plus tard, les assureurs historiques sont toujours debout et beaucoup des disrupteurs ont disparu, ont été absorbés, ou sont devenus bien plus modestes que leurs promesses.
La tarification comportementale et les données téléphoniques
Depuis son accord avec la FTC, General Motors n'a plus le droit de vendre les données de conduite pendant cinq ans. Les flottes équipées de télématique paient environ 20 % de moins, contre une surveillance continue. Plus le tarif suit le conducteur, moins le groupe mutualise, et ce choix entre connaissance du risque et solidarité, l'actuariat seul ne le tranche pas.
Quand assurer la guerre devient impossible
Un réseau électrique s'éteint, un hôpital se fige sous une rançon. Crime, catastrophe, ou acte de guerre. De la réponse dépend tout, car si c'est un crime votre police paie, et si c'est la guerre elle ne paie pas. Et ceux qui ont lancé l'attaque se sont arrangés pour que nul ne puisse trancher.
Insurtech : la promesse tenue ou trahie ?
En 2021, l'insurtech lève environ 17 milliards de dollars, et Lemonade vaut près de 9 milliards pour 200 millions de primes en portefeuille. Puis le ratio combiné rattrape tout le monde : on ne bouscule pas le portage du risque comme une interface. Ceux qui restent vendent aujourd'hui des outils aux assureurs qu'ils devaient remplacer.
L'Europe a classé votre IA sans vous le dire
Une entreprise achète un logiciel pour trier des candidatures, un gadget de productivité, croit-elle. À Bruxelles, cet usage précis vient d'être rangé dans une catégorie appelée haut risque, avec sa longue liste d'obligations. Personne ne l'a prévenue. La loi a classé son IA le jour où elle a choisi quoi en faire.
Le retrait de Lloyd's des risques de guerre hybride
L'exclusion de guerre reposait sur une guerre identifiable. La guerre hybride efface la déclaration, l'attribution, les frontières et le caractère cinétique, rendant l'exclusion presque inapplicable. De NotPetya au retrait de Lloyd's, comment assurer un risque conçu pour rester sans auteur.
Un contrat qui se déclenche tout seul
La pluie n'est pas tombée, un satellite l'a constaté, et l'argent arrive sur le compte de l'agriculteur avant même qu'il ait déclaré quoi que ce soit. Personne n'est venu mesurer sa perte. Le contrat s'est payé lui-même, et cette autonomie change la nature de ce qu'est une assurance.
L'EU AI Act et la responsabilité des systèmes à haut risque
L'AI Act est un code de sécurité des produits. Depuis que la Commission a retiré, en février 2025, la directive sur la responsabilité en IA, c'est pourtant lui qui porte, par défaut, la responsabilité de l'intelligence artificielle, et l'assureur regarde d'abord la conformité au règlement avant de couvrir.
Pourquoi les patrons s'assurent contre leurs propres décisions
Un dirigeant prend une décision, une fusion, un lancement, une restructuration. Elle échoue, les actionnaires perdent de l'argent et le poursuivent, lui, personnellement. Sa maison, son épargne sont en jeu. Et pourtant il dort tranquille, car il existe une assurance qui le couvre contre les conséquences de son propre jugement.
L'assurance paramétrique : triggers, oracles et smart contracts
L'assurance paramétrique promet de remplacer la lenteur de l'expertise par la rapidité de la mesure. Cette élégance a un prix souvent passé sous silence : en substituant un indice au dommage réel, le paramétrique troque la friction de l'expertise contre deux nouvelles dépendances, le risque de base et la confiance dans l'oracle.
NIS2, la directive que personne n'a lue mais qui vous oblige
Une entreprise moyenne reçoit une lettre de son plus gros client, une clause exigeant la preuve de sa conformité à NIS2 sous quatre-vingt-dix jours, sinon le contrat s'arrête. Son dirigeant n'a jamais entendu parler de NIS2. Et il a tort de ne pas s'en inquiéter.
Le marché des lignes financières post-Covid
Le marché des lignes financières offre, depuis 2018, le cas d'école le plus pur du cycle de souscription. Un assainissement de l'offre a heurté la peur d'une vague de sinistres liée au Covid pour produire le marché dur le plus brutal du siècle.
Le jour où Solvabilité II a rencontré une rançon
Le régulateur pose une question simple, combien d'argent devez-vous garder pour survivre à votre pire année sur deux siècles. Pour un portefeuille d'ouragans, l'actuaire répond sans ciller. Pour un portefeuille de rançongiciels, la salle se tait.
La directive NIS2 et ses implications assurantielles
NIS2 ne mentionne pas une seule fois l'assurance, et ne régule pas directement les assureurs. Pourtant, en relevant le socle de cybersécurité de quinze à vingt mille entités françaises et en rendant les dirigeants personnellement responsables, cette directive redessine en profondeur le risque que les assureurs souscrivent.
Un pont qui s'effondre, un marché qui tremble
Un ouvrage s'écroule dans une ville dont vous n'avez jamais entendu parler, et l'épargne d'un retraité à Tokyo vacille le même mois. Entre les deux court un fil invisible, et ce fil s'appelle la réassurance.
Solvabilité II à l'épreuve du risque cyber
Solvabilité II repose sur deux postulats hérités de l'actuariat classique, la possibilité de diversifier des risques faiblement corrélés et celle d'en estimer la distribution à partir de données historiques. Le risque cyber contredit l'un et l'autre.
Pourquoi votre assureur ne veut plus de votre maison
Un matin, une lettre vous apprend que votre logement ne sera pas réassuré. Vous n'avez rien fait de mal, votre maison n'a pas changé. Ce qui a changé, c'est que le hasard, sur lequel repose toute assurance, a discrètement quitté votre code postal.
Les ILS et les catastrophe bonds
L'ouragan Andrew, en 1992, met neuf assureurs en faillite. Depuis, le risque de catastrophe naturelle sort du bilan des assureurs pour entrer dans les portefeuilles des fonds de pension et des investisseurs institutionnels : moins de deux milliards de dollars de cat bonds en 2000, plus de 47 milliards fin 2023.
Le data center, là où l'assurance durable cesse d'exclure et commence à tarifer
Les cinquante-deux traitent un risque à la fois. Ce hors série en croise deux. Le buildout de l'intelligence artificielle et la contrainte de durabilité se rencontrent au même endroit, le data center.
Le ransomware comme actif financier
Économie souterraine, marchés de la rançon et tarification par les assureurs : comment le ransomware est devenu une industrie structurée dont la croissance est partiellement financée par les indemnisations des polices cyber.
L’assurabilité du risque climatique physique
L’assurance repose sur un pari probabiliste implicite : celui que le passé renseigne sur l’avenir. Or le changement climatique invalide précisément cette hypothèse.
Silent Cyber : de la Zone Grise à la Clause Explicite
Retour sur la directive Lloyd's LMA 21-042 et les implications pour les traités de réassurance Property & Casualty
CrowdStrike et le Risque d'Accumulation Systémique
Comment une mise à jour endpoint devient un single point of failure mondial et réécrit les modèles de PML cyber des réassureurs
La Firme face à l'IA Agentique
Substitution du travail cognitif, hyper-aplatissement organisationnel et émergence de nouveaux risques opérationnels
…
…