Cryptomonnaie utilisant des protocoles cryptographiques avancés pour rendre les transactions et les adresses irrétraçables par défaut, contrairement au bitcoin.
Les privacy coins sont des cryptomonnaies dont l'architecture intègre nativement des mécanismes de confidentialité qui rendent les transactions, les montants et les adresses de portefeuilles opaques par défaut. Le représentant principal est Monero (XMR), qui combine trois techniques : les adresses furtives à usage unique (stealth addresses), qui dissocient chaque transaction d'une adresse publique permanente ; les signatures en anneau (ring signatures), qui mêlent les clés de signature de plusieurs utilisateurs pour rendre l'expéditeur indistinguable au sein d'un groupe ; et les Confidential Transactions (RingCT), qui masquent les montants. D'autres protocoles confidentiels existent : Zcash propose une confidentialité optionnelle via des preuves à divulgation nulle de connaissance (zk-SNARKs). Dans l'économie du ransomware, les privacy coins occupent une place croissante malgré leur liquidité inférieure au bitcoin : certains groupes appliquent une décote aux paiements en monero pour inciter les victimes à les utiliser, la décote reflétant directement le coût de blanchiment évité. Pour les assureurs, le paiement d'une rançon en monero complique substantiellement la vérification OFAC ex-ante, car l'identité du bénéficiaire est architecturalement dissimulée.
Le groupe DarkSide pratiquait une surprime de 20 pour cent sur les paiements en bitcoin par rapport au monero. Cette tarification différenciée illustrait directement le coût marginal que l'attaquant supportait pour blanchir des bitcoins traçables, et constitue une mesure indirecte du risque résiduel de poursuite judiciaire.
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