Risque que les bénéficiaires d'une pension ou d'une rente vivent plus longtemps que prévu, l'une des plus grandes expositions du monde et la seule qui résiste à la titrisation.
Le risque de longévité est le risque, pour un fonds de pension ou un assureur vie, que ses bénéficiaires vivent plus longtemps que prévu, alourdissant les rentes et retraites à verser. Avec une exposition mondiale estimée entre quinze mille et vingt-cinq mille milliards de dollars, il figure parmi les plus grandes du monde, et pourtant il résiste seul à la titrisation. Il inverse la logique de l'assurance, car la perte y naît d'un événement heureux, la vie qui se prolonge, et il prend la forme d'une tendance lente et jamais dénouée plutôt que d'un sinistre daté. Son marché est à sens unique, nul investisseur ne gagnant à la survie, et sa part la plus dangereuse, la dérive tendancielle liée aux progrès médicaux, est aussi la moins modélisable. Son foyer naturel demeure le bilan du réassureur, où il se compense avec le risque de mortalité, et sa part systémique n'a d'autre porteur ultime que l'État.
Si une avancée médicale ajoute soudain plusieurs années d'espérance de vie à toute une population, un fonds de pension voit ses engagements gonfler simultanément, sans qu'aucun investisseur de marché n'ait accepté de porter ce risque corrélé.
risque longévité, longevity risk