Réaction en chaîne où une collision orbitale engendre des débris qui provoquent de nouvelles collisions, rendant certaines orbites inexploitables.
Le syndrome de Kessler, théorisé en 1978 par Donald Kessler et Burton Cour-Palais, désigne un scénario où une collision en orbite engendre un nuage de débris, lequel provoque d'autres collisions, dans une réaction en chaîne qui s'auto-entretient. Sa caractéristique redoutable est la non-linéarité, le nombre de collisions croissant de façon exponentielle au-delà d'un certain seuil de densité orbitale. Pour l'assurance, il représente le scénario catastrophe par excellence, car il ne produit pas des pertes indépendantes mais un sinistre unique et corrélé frappant simultanément des milliers de satellites, ce qui détruit la diversification. Une telle cascade pourrait rendre inopérants environ 20 % des satellites en orbite basse en quelques mois et infliger, selon l'OCDE, près de 191 milliards de dollars de pertes immédiates, excédant la capacité du marché.
Une seule collision majeure en orbite basse pourrait amorcer un syndrome de Kessler, invalidant d'un coup des milliers de polices spatiales et dépassant toute capacité de réassurance.
cascade de Kessler, Kessler effect