Syndrome de Kessler
Réaction en chaîne en orbite : une collision produit des débris, ces débris provoquent d'autres collisions, et certaines orbites deviennent inexploitables.
Le 10 février 2009, à environ 790 km au-dessus de la Sibérie, Iridium 33, satellite commercial en service, percute Cosmos 2251, satellite russe hors d'usage. Première collision accidentelle entre deux satellites intacts, et plus de deux mille débris catalogués dans les années suivantes. C'est la première marche du scénario que Donald Kessler et Burton Cour-Palais ont décrit en 1978. Une collision produit un nuage de débris, qui en provoque d'autres, et la réaction s'entretient seule. Passé un certain seuil de densité orbitale, le nombre de collisions croît de façon non linéaire. Pour le souscripteur spatial, c'est le pire scénario possible. Il casse l'hypothèse d'indépendance des risques : un seul événement corrélé frappe des milliers de satellites et des milliers de polices à la fois, et la diversification disparaît. Selon une estimation reprise de l'OCDE, une cascade pourrait mettre hors service environ 20 % des satellites en orbite basse en quelques mois. Les pertes immédiates approcheraient 191 milliards de dollars, bien au-delà de la capacité du marché.
Le mécanisme, décrit par Donald Kessler en 1978, est simple. Une seule collision majeure en orbite basse pourrait amorcer un syndrome de Kessler, invalider d'un coup des milliers de polices spatiales et dépasser toute capacité de réassurance.
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