Menace interne
Dommage causé par quelqu'un qui dispose d'un accès légitime au système, salarié ou prestataire, et qui place l'incident entre police cyber et police fraude.
En mai 2025, Coinbase révèle que des agents de son support client, employés à l'étranger, ont été soudoyés pour transmettre des données de clients à des criminels. Ceux-ci s'en servaient ensuite pour escroquer ces mêmes clients en se faisant passer pour la plateforme. Les attaquants exigent 20 millions de dollars pour se taire ; Coinbase refuse et estime le coût de l'affaire entre 180 et 400 millions de dollars. La menace interne désigne le dommage causé par une personne qui dispose d'un accès légitime : salarié, intérimaire, prestataire, ancien employé dont le compte vit encore. Soudoyé, rancunier ou vénal, l'initié n'a besoin d'aucune faille, et les contrôles conçus contre l'intrus extérieur le voient mal, puisqu'il ouvre les écrans qu'il a le droit d'ouvrir. Pour l'assureur, le dossier se joue à la frontière entre deux polices. La police cyber prend la violation de données, la notification, les frais de réponse et la responsabilité envers les personnes concernées. La police fraude, dite crime ou infidélité des employés, prend le détournement d'argent ou de biens par un préposé. Un même incident peut toucher les deux, ou tomber entre elles. Reste l'exclusion des actes intentionnels. Rédigée contre l'assuré lui-même, elle ne devrait pas jouer contre l'acte d'un salarié isolé (le rogue employee) que la direction ignorait, et beaucoup de libellés cyber le disent en toutes lettres. La lecture se complique quand l'auteur est un dirigeant, dont l'intention peut être imputée à la société. À ne pas confondre avec l'erreur humaine non malveillante : le salarié qui envoie un fichier au mauvais destinataire crée une violation sans intention. Elle se traite autrement, dans la police comme dans les statistiques.
Cas daté : en mai 2025, Coinbase rend public le chantage. Des agents de support travaillant hors des États-Unis, payés par les attaquants, avaient copié des données de clients depuis les outils internes. Les criminels appelaient ensuite ces clients en se présentant comme Coinbase pour leur faire transférer leurs fonds. La société refuse la rançon de 20 millions de dollars et chiffre le coût entre 180 et 400 millions. Pour un assureur, le dossier pose toutes les questions à la fois : violation de données au sens de la police cyber, acte d'un préposé au sens d'une police crime. Restent les remboursements volontaires de clients, que ni l'une ni l'autre ne prend forcément en charge.
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