Estimation de la perte la plus élevée qu'un assureur ou réassureur est susceptible de subir sur un risque ou un portefeuille donné, dans des conditions adverses réalistes mais non absolument maximales.
La Perte Maximale Probable (PML, de l'anglais Probable Maximum Loss) est une estimation de la perte la plus élevée qu'un assureur peut subir sur un risque ou un portefeuille, dans des conditions catastrophiques réalistes mais excluant les scénarios absolument extrêmes. Elle se distingue de la Perte Maximale Possible (PMP), qui correspond au pire scénario absolu sans considération de probabilité. La PML est utilisée comme métrique de dimensionnement : elle détermine la capacité de réassurance à acheter, la franchise du programme catastrophe et la mise en réserve. En pratique, la PML peut être définie selon deux conventions. La convention actuarielle probabiliste la lie à un percentile de la distribution des pertes (par exemple la perte à 250 ans, soit le 99,6e percentile, niveau requis par Solvabilité II). La convention technique de souscription, souvent appelée EML (Estimated Maximum Loss), est une estimation déterministe fondée sur des scénarios d'ingénierie (propagation maximale réaliste d'un incendie, résistance structurelle minimale). Dans les deux cas, la PML sert de langage commun entre assureurs et réassureurs lors de la négociation des traités. Une PML surestimée entraîne l'achat de protections de réassurance inutilement coûteuses ; une PML sous-estimée expose à des pertes catastrophiques non couvertes.
Lors de la souscription d'une usine chimique à Rotterdam, le souscripteur estime l'EML à 60 % de la valeur totale assurée de 500 millions d'euros, soit 300 millions, sur la base d'un scénario d'explosion avec propagation de l'incendie sur la moitié du site. Cette EML détermine la capacité de réassurance facultative à requérir : l'assureur conserve 20 millions et place 280 millions en fac auprès de cinq réassureurs.
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