Attaques contre le réseau électrique ukrainien (2015 et 2016)
Premières coupures d'électricité publiquement confirmées provoquées par une cyberattaque, attribuées au renseignement militaire russe, qui ont montré qu'une intrusion informatique peut produire des effets physiques à grande échelle.
Le 23 décembre 2015, trois distributeurs d'électricité de l'ouest de l'Ukraine perdent le contrôle de leurs postes. Des attaquants, entrés des mois plus tôt par des courriels piégés porteurs du logiciel BlackEnergy, prennent la main sur les interfaces de supervision, ouvrent des disjoncteurs à distance, effacent des postes de travail et saturent les centres d'appel. Environ 225 000 clients sont privés de courant pendant plusieurs heures. Le 17 décembre 2016, une seconde attaque frappe un poste de transport près de Kiev avec un outil plus avancé, Industroyer, capable de parler directement les protocoles industriels du réseau ; la coupure dure environ une heure. Les deux opérations ont été attribuées au groupe Sandworm, unité du renseignement militaire russe, dans un pays en conflit armé avec la Russie depuis 2014. Pour l'assurance, l'épisode est fondateur à trois titres. Il a prouvé que le risque cyber n'est pas seulement immatériel : il peut arrêter une infrastructure physique. Il a montré que la reprise tient à des procédures manuelles, les opérateurs ukrainiens ayant rétabli le courant en repassant en commande locale. Et il a posé la question que les clauses de guerre et d'infrastructure ont ensuite essayé de trancher : une attaque étatique contre un réseau électrique, dans un conflit armé non déclaré, relève-t-elle de l'exclusion de guerre ?
Un souscripteur modélise un scénario de coupure régionale d'une journée provoquée par une intrusion dans un distributeur d'électricité. Il reprend la séquence de 2015, accès initial des mois plus tôt, ouverture des disjoncteurs, effacement des postes, pour tester si ses polices dommages et cyber répondent, et laquelle.
BlackEnergy, Industroyer, CrashOverride, Ukraine grid attack
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.