Retour au glossaireRéassurance

Couverture back-to-back

Principe selon lequel les conditions d'un traité de réassurance doivent refléter fidèlement celles des polices directes cédées, assurant une cohérence parfaite entre les deux niveaux de couverture.

Définition

La couverture back-to-back désigne en réassurance la correspondance parfaite entre le périmètre de garantie d'une police directe et celui du traité de réassurance qui couvre cette police. Lorsqu'un assureur cède un risque à un réassureur, l'idéal d'une couverture back-to-back signifie que tout sinistre couvert par la police directe l'est aussi par le traité, et que toute exclusion de la police directe se retrouve également dans le traité. En pratique, de nombreux écarts peuvent survenir entre les deux couvertures : décalages temporels (les renouvellements de polices directes et de traités ne coïncident pas), évolutions contractuelles unilatérales (un avenant à la police directe peut ne pas avoir été répercuté sur le traité), différences de libellé des exclusions (la clause cyber de la police directe peut être plus restrictive ou plus large que celle du traité). Dans le contexte de la directive LMA 21-042 sur le silent cyber, la mise en cohérence back-to-back est devenue un enjeu majeur : un assureur qui a exclu le cyber de ses polices propriété directes mais dont le traité de réassurance ne contient pas la même exclusion reste exposé à une accumulation cyber dans sa rétention de réassureur. Les traités pluriannuels antérieurs à 2019 sont particulièrement exposés : conclus avant l'entrée en vigueur des directives Lloyd's, ils ne peuvent être mis en conformité qu'à leur échéance ou par avenant, laissant des expositions résiduelles difficiles à quantifier.

Exemple

Un assureur français a mis en conformité LMA 21-042 toutes ses polices multirisques professionnelles en janvier 2022, ajoutant une clause LMA 9340 d'exclusion cyber. Mais son traité XL catastrophe signé pour trois ans en 2020 ne contient pas d'exclusion cyber équivalente. En cas de sinistre cyber systémique type CrowdStrike affectant plusieurs de ses assurés, les sinistres dépassant sa rétention seraient transmis au réassureur sur la base de pertes que ce dernier avait pourtant supposé exclues. La divergence back-to-back crée donc une surprise de sinistralité pour le réassureur et un risque de contestation contractuelle.

Termes associés
Articles liés
Également connu sous

back-to-back, cohérence directe-réassurance, alignement traité-police