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Expropriation et nationalisation

Acte par lequel un État prive un investisseur étranger de tout ou partie de ses actifs, par mesure directe ou par série de mesures indirectes rendant l'investissement économiquement sans valeur, constituant le risque central de l'assurance-investissement.

Définition

L'expropriation directe, ou nationalisation, est l'acte par lequel un gouvernement transfère formellement la propriété d'actifs privés à l'État, avec ou sans indemnisation adéquate. Elle est encadrée par le droit international coutumier et les traités bilatéraux d'investissement, qui reconnaissent le droit souverain d'exproprier mais imposent une triple condition de légalité, non-discrimination et indemnisation prompte, adéquate et effective, selon la formule Hull codifiée en 1938. La creeping expropriation, ou expropriation rampante, est une variante bien plus difficile à qualifier juridiquement : une série de mesures réglementaires, fiscales ou administratives progressivement prises par un État, aucune n'étant à elle seule une expropriation formelle, mais dont l'effet cumulé est de dépouiller l'investisseur de la substance économique de son investissement. Les tribunaux arbitraux du CIRDI ont développé une jurisprudence abondante pour distinguer l'exercice légitime du pouvoir réglementaire de la creeping expropriation indemnisable. Pour l'assureur de risque politique, ce distinguo est central : les polices d'assurance-investissement, proposées par des organismes publics comme Bpifrance Assurance Export, la MIGA ou la DFC, ou par des assureurs privés spécialisés, définissent contractuellement les seuils à partir desquels un acte gouvernemental constitue un sinistre couvert. La montée des risques géopolitiques, les nationalisations dans le secteur des matières premières en Amérique latine et en Afrique, et les sanctions économiques croisées entre grandes puissances renouvellent l'intérêt pour ces couvertures depuis le milieu des années 2010.

Exemple

Une compagnie minière française détient une licence d'exploitation aurifère en Afrique de l'Ouest. Sur cinq ans, le gouvernement hôte impose successivement une taxe extractive exceptionnelle, un plafond de rapatriement de dividendes, une obligation de partenariat local à 51 % et enfin un refus de renouvellement de licence. Aucun acte pris isolément ne constitue une nationalisation, mais l'assureur de risque politique est sollicité au titre de la garantie creeping expropriation.

Termes associés
Également connu sous

expropriation, nationalisation, confiscation, dépossession, creeping expropriation, expropriation rampante