Police ou garantie publique/privée qui protège un exportateur ou sa banque contre le risque de non-paiement d'un acheteur étranger, qu'il soit d'origine commerciale (insolvabilité) ou politique (guerre, embargo, transfert).
L'assurance-crédit à l'exportation est née au lendemain de la Première Guerre mondiale pour soutenir le commerce international dans un contexte de risques politiques élevés et de défaillance des marchés privés : la première agence publique, la ECGD britannique, a été fondée en 1919, suivie par la Coface en France en 1946. Le principe est de couvrir un exportateur ou sa banque finançant la transaction contre le risque que l'acheteur étranger ne paye pas, soit pour une raison commerciale comme l'insolvabilité, soit pour une raison politique comme la guerre civile, l'expropriation, le contrôle des changes ou la décision d'un État de suspendre les paiements. Les organismes de crédit à l'exportation publics, regroupés dans l'Union de Berne, jouent un rôle de marché de dernier ressort pour les risques que le secteur privé ne veut pas prendre seul, notamment les transactions dans des pays à risque élevé ou sur des durées supérieures à sept ans. Les assureurs privés comme Euler Hermes, Atradius et Coface couvrent quant à eux les risques à court terme sur les marchés solvables. La tension entre la logique de soutien public à l'export et les règles de l'OMC sur les subventions a conduit à l'Arrangement de l'OCDE de 1978 fixant des primes minimales et des conditions communes. Avec la montée des tensions géopolitiques, la fragmentation des chaînes logistiques et les sanctions économiques, l'assurance-crédit export retrouve une centralité stratégique, certains États l'utilisant désormais comme outil de politique étrangère en modulant les garanties selon les destinations.
Un fabricant français de turbines signe un contrat de 200 millions d'euros avec une société d'énergie en Afrique subsaharienne, financement sur huit ans. La banque française refuse de financer sans garantie publique. Bpifrance Assurance Export garantit 95 % du crédit acheteur contre risque de non-paiement politique et commercial. Dix-huit mois plus tard, un coup d'État entraîne un blocage des transferts : la garantie est activée, le créancier est indemnisé, et l'État français subroge pour récupérer la créance auprès du nouveau gouvernement.
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