Extinction par gaz inerte en salle informatique
Extinction automatique qui noie une salle sous un mélange d'azote, d'argon et de dioxyde de carbone pour faire tomber l'oxygène sous le seuil de combustion sans mouiller les équipements.
L'eau éteint un feu mais détruit l'électronique qu'elle atteint ; les salles informatiques recourent donc souvent à une extinction par gaz, qui remplit le volume clos en une soixantaine de secondes et abaisse la teneur en oxygène autour de 12 à 15 %, assez pour étouffer la combustion tout en restant respirable quelques minutes. Les gaz inertes, mélanges d'azote, d'argon et parfois de dioxyde de carbone, ont remplacé les halons interdits pour leur effet sur la couche d'ozone. Le dispositif suppose une salle étanche, des réservoirs à très haute pression et une décharge brève et massive, et c'est là qu'est sa limite moins connue : le souffle et le bruit des buses peuvent faire vibrer les disques durs au point de déplacer leurs têtes de lecture, d'où l'usage de buses silencieuses. Le brouillard d'eau à haute pression est l'autre voie : il refroidit avec très peu d'eau, mais il mouille. Pour l'assureur, l'extinction réduit l'ampleur du sinistre mais crée son propre péril, à évaluer au même titre que le feu.
Le samedi 10 septembre 2016, un essai du système d'extinction par gaz inerte du principal centre de données d'ING en Roumanie, à Bucarest, a endommagé plusieurs dizaines de disques durs : la pression de décharge, trop élevée, a produit un bruit et des vibrations que les disques n'ont pas supportés. Les clients roumains de la banque ont été privés de cartes de paiement et de banque en ligne d'environ 13 heures à 23 heures, jusqu'à la bascule sur le site de secours.
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