Identité synthétique
Personne qui n'a jamais existé, assemblée à partir de données réelles (un numéro de sécurité sociale, une date de naissance) et de détails inventés, dont la fraude reste longtemps invisible faute de victime pour la signaler.
La fraude par identité synthétique fabrique, à partir d'identifiants réels empruntés et de détails inventés, une personne qui n'a jamais existé, dotée d'un visage, d'une voix et de documents cohérents, là où l'usurpation emprunte une personne réelle. Le plus redoutable, c'est qu'il n'y a pas de victime. Aucune personne réelle ne voit le détournement, donc personne ne le signale, et les pertes grossissent sans bruit : la Réserve fédérale citait 6 milliards de dollars de pertes pour les prêteurs américains en 2016, un cinquième des pertes de crédit de l'année, et ses travaux plus récents parlent de 20 milliards par an pour les paiements américains, chiffre que les praticiens jugent sous-estimé parce que la fraude passe en impayés. Pour l'assurance, c'est un cas à part : toute la mutualisation suppose qu'il y ait derrière chaque police une personne réelle, identifiable et responsable. La personne synthétique fait entrer dans le portefeuille des assurés fantômes que rien ne rattache au réel.
Cas d'école : une personne qui n'existe pas peut souscrire, déclarer un sinistre et encaisser une indemnité, et rester de bout en bout une pure fiction.
- Federal Reserve Bank of Boston, « A victimless crime? Hardly », août 2022 ; définition industrielle de la Réserve fédérale (FedPayments Improvement, modèle FraudClassifier)
- Réserve fédérale, rapport 2019 sur la fraude à l'identité synthétique dans le système de paiement américain (citant Auriemma Group) ; FedPayments Improvement, note sur la mauvaise catégorisation de cette fraude
synthetic identity, personne synthétique, fraude par identité synthétique
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.