Informatique fantôme (shadow IT)
Outils, applications et comptes SaaS utilisés par les équipes hors du contrôle de la DSI, donc absents de l'inventaire que décrit le questionnaire de souscription.
Au printemps 2024, Mandiant prévient environ 165 organisations que leurs comptes clients Snowflake ont été consultés avec des identifiants volés ; Ticketmaster, AT&T et Santander sont du nombre. La plateforme n'avait pas été percée. Les attaquants entraient dans des comptes sans authentification multifacteur, avec des mots de passe récupérés par des voleurs d'informations, parfois des années plus tôt, y compris sur des postes de prestataires. Le cas montre ce que coûte l'informatique fantôme : un compte en nuage que l'équipe de sécurité ne pilote pas, donc privé des règles qu'elle impose ailleurs. Le terme désigne les outils, applications et comptes SaaS utilisés par les équipes hors du contrôle de la DSI. On y trouve un espace de stockage ouvert par un commercial, une base de données en nuage payée par carte bancaire, un outil de signature électronique branché sur la messagerie. L'intention est rarement malveillante. Le résultat est un actif que personne n'inventorie, ne corrige ni ne surveille, et sur lequel la politique d'authentification ne s'applique pas. Pour l'assureur, le défaut est de méthode : le questionnaire décrit le parc déclaré, pas celui qu'utilisent les équipes. Une réponse « MFA sur tous les accès distants » est sincère pour les outils que la DSI connaît. Les balayages de surface d'attaque et les notations externes rattrapent une partie de l'écart (domaines, sous-domaines, services exposés), alors que les comptes SaaS ouverts sous une adresse de l'entreprise leur échappent en grande partie. Au sinistre, l'écart entre le déclaré et le réel ouvre une discussion sur la déclaration du risque, rarement simple à trancher quand l'assuré ignorait lui-même l'outil. À ne pas confondre avec le shadow AI, l'usage d'assistants d'IA générative hors du cadre de l'entreprise : c'en est une variante récente, avec un risque propre, la fuite par ce que les salariés saisissent.
Cas d'école : un réseau de cliniques déclare à la souscription l'authentification multifacteur sur toutes ses applications en nuage. Six mois plus tard, le fichier de 80 000 patients fuit depuis un outil d'envoi de courriels que l'équipe communication avait souscrit elle-même, payé par note de frais. Quatre personnes s'en partageaient le mot de passe. La DSI découvre l'outil le jour de la notification à la CNIL. L'expert de l'assureur demande depuis quand il servait et qui l'avait autorisé ; la réponse pèsera sur la lecture de la déclaration initiale.
shadow IT, informatique de l'ombre, informatique parallèle, SaaS non déclaré, outils hors DSI
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.