Mandataire cyber d'un État
Groupe criminel ou prétendument indépendant qui agit pour un État, avec son accord ou sous sa protection, et qui rend l'attribution étatique d'une attaque, donc l'exclusion de guerre cyber, délibérément incertaine.
Un mandataire cyber est un acteur non étatique, groupe criminel, collectif militant ou entreprise de sécurité, qui conduit des opérations servant les intérêts d'un État, soit sur ses instructions, soit sous son contrôle, soit simplement parce que cet État le tolère sur son territoire en échange de sa retenue envers lui. Le recours au mandataire procure à l'État ce qu'il cherche : un effet stratégique sans signature, donc sans responsabilité internationale établie. Pour l'assurance, c'est le cas le plus difficile de la jonction entre cyber et risque politique. Les clauses d'exclusion de guerre cyber du marché visent les opérations menées par un État ou pour son compte, et le droit international reconnaît la responsabilité d'un État pour les actes qu'il dirige ou contrôle. Mais prouver ce lien suppose un renseignement que ni l'assureur ni l'assuré ne détiennent, et que les gouvernements ne publient qu'au moment qu'ils choisissent. Le souscripteur doit donc raisonner sur une zone grise durable : un même groupe peut être traité comme criminel au moment du sinistre, puis comme mandataire d'État après une attribution officielle survenue des mois plus tard. À ne pas confondre avec le faux drapeau, où un État se fait passer pour un autre acteur : le mandataire est un acteur réel, qui agit pour cet État. Où le mot se lit : nulle part sous ce nom ; la police le saisit par les mots « on behalf of a state » (pour le compte d'un État) de la définition de l'opération cyber des clauses LMA 5564 à 5567.
Le 25 février 2022, le groupe de rançongiciel Conti a publiquement annoncé son soutien au gouvernement russe. En avril, il a paralysé plusieurs ministères du Costa Rica en exigeant une rançon portée à vingt millions de dollars, et le nouveau président a déclaré l'état d'urgence nationale le 8 mai 2022 : une organisation criminelle mettait un État en crise sans qu'aucun gouvernement ne lui attribue d'opération étatique.
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Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
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