Opération Aurora (2010)
Campagne d'espionnage attribuée à la Chine, révélée en janvier 2010 par un grand groupe technologique américain, qui visait les codes sources et les comptes de militants de dizaines d'entreprises ; première dénonciation publique d'un espionnage étatique contre le secteur privé.
En janvier 2010, Google annonce publiquement avoir été victime, à la fin de 2009, d'une intrusion sophistiquée venue de Chine, qui visait sa propriété intellectuelle et les comptes de messagerie de militants chinois des droits de l'homme. L'entreprise révèle que plus de vingt autres sociétés, dans la technologie, la finance, la défense et la chimie, ont été touchées par la même campagne, baptisée Aurora par les chercheurs. Les attaquants avaient exploité une vulnérabilité inconnue du navigateur le plus répandu dans les entreprises, par des liens envoyés à des salariés ciblés. L'annonce rompt avec la pratique du silence : pour la première fois, une grande entreprise accuse publiquement un État d'espionnage à son encontre, et en tire des conséquences commerciales, en réduisant ses activités en Chine. L'opération a imposé dans le vocabulaire la notion de menace persistante avancée, et a montré que les entreprises privées sont des cibles de renseignement au même titre que les administrations. Pour l'assurance, Aurora pose une question restée largement sans réponse : le vol de secrets industriels par un État est une perte réelle, parfois considérable, mais presque impossible à chiffrer, à prouver et à rattacher à un exercice. Les polices cyber couvrent les frais de réponse et de notification, rarement la valeur de la propriété intellectuelle perdue.
Le 12 janvier 2010, Google écrit sur son blog officiel qu'au moins vingt autres grandes entreprises ont été visées ; Adobe confirme le même jour une intrusion. Microsoft publie le 21 janvier, hors de son calendrier habituel, le correctif de la faille d'Internet Explorer exploitée par la campagne.
Aurora, Operation Aurora, attaques contre Google de 2009
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