Passerelle de messagerie sécurisée
Filtre placé devant les boîtes aux lettres, par l'enregistrement MX ou par API, qui trie le courrier entrant : pièces jointes ouvertes en bac à sable, liens réécrits, usurpation repérée.
La passerelle de messagerie sécurisée (SEG, secure email gateway) est un filtre placé entre internet et les boîtes aux lettres, qui inspecte chaque message avant livraison. Le modèle classique passe par l'enregistrement MX du domaine : le courrier arrive chez la passerelle, qui le trie puis le relaie au serveur interne ou à Microsoft 365. Ce qu'elle fait dépend de l'offre : réputation de l'expéditeur, contrôle SPF, DKIM et DMARC, ouverture des pièces jointes dans un bac à sable, réécriture des liens pour les revérifier au moment du clic, repérage d'un nom de dirigeant usurpé. Une autre famille se branche par API sur la messagerie cloud, sans toucher au MX, et retire les messages après livraison. Mai 2023 : Barracuda révèle une faille (CVE-2023-2868) dans ses boîtiers Email Security Gateway, exploitée depuis plusieurs mois par un groupe que Mandiant relie à la Chine. En juin, le fabricant demande aux clients de remplacer les boîtiers touchés, correctif appliqué ou non. La passerelle filtre, mais elle reste un équipement exposé sur internet, avec ses propres failles. Le questionnaire cyber demande si un filtrage avancé existe, avec bac à sable et réécriture d'URL, et parfois quel produit. Une partie de la réponse se vérifie de l'extérieur : l'enregistrement MX dit quel service reçoit le courrier, l'enregistrement DMARC du même domaine dit si l'usurpation est bloquée. Un MX qui pointe directement vers Microsoft ne prouve pas l'absence de filtrage avancé, puisque les offres par API ne se voient pas dans le DNS. Le souscripteur en tient compte surtout pour le hameçonnage et le rançongiciel. Contre la fraude au virement par compromission de messagerie, elle pèse moins : le courriel frauduleux part souvent d'une vraie boîte, chez un fournisseur légitime.
Cas d'école, chiffres inventés : une agence immobilière déclare une passerelle avec bac à sable. Le scan externe montre un MX qui pointe vers Microsoft 365 et un DMARC en p=none. Deux lectures possibles : une offre par API invisible dans le DNS, ou rien au-delà du filtrage natif. Le souscripteur demande une capture de la console et le volume mensuel mis en quarantaine. Réponse : 18 000 messages sur 210 000, soit 8,6 %. La passerelle existe ; reste le DMARC, qui laisse passer un courriel usurpant le domaine de l'agence vers ses propres clients.
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