Montant inscrit au passif d'un assureur pour couvrir le coût futur des sinistres déjà survenus mais non encore réglés.
La provision pour sinistres est l'engagement inscrit au passif d'un assureur pour couvrir le coût futur des sinistres déjà survenus mais pas encore intégralement réglés à la date d'arrêté des comptes. Elle se décompose en plusieurs éléments, les provisions pour sinistres déclarés mais non encore payés, dont le coût est estimé dossier par dossier, et les provisions pour sinistres survenus mais non encore déclarés, les IBNR, estimées par des méthodes statistiques. La provision pour sinistres est le poste le plus important et le plus délicat du bilan d'un assureur non-vie, car elle repose sur des estimations du futur et conditionne directement la sincérité du résultat. Un sous-provisionnement embellit artificiellement les comptes d'un exercice mais reporte le problème, tandis qu'un sur-provisionnement immobilise inutilement du capital. La difficulté croît avec la longueur du déroulement de la branche, faible sur les risques à règlement rapide, considérable sur les branches longues où les sinistres se révèlent et se réévaluent sur de nombreuses années. L'inflation, en particulier l'inflation des coûts de réparation et des indemnités judiciaires, est un facteur de dérive majeur des provisions. En cyber, le provisionnement est rendu incertain par la brièveté de l'historique et par l'évolution rapide de la nature des sinistres.
À la clôture, un assureur provisionne 50 millions d'euros pour des sinistres déclarés et 18 millions au titre des IBNR ; une accélération de l'inflation judiciaire l'oblige l'année suivante à renforcer ces provisions.
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