Score de fraude
Probabilité, calculée par un modèle à la déclaration ou en cours de gestion, qu'un sinistre soit frauduleux, qui oriente les dossiers vers une enquête sans jamais constituer une preuve, et dont les faux positifs ont un coût.
Le score de fraude est une note attribuée à un sinistre, ou à une souscription, qui estime la probabilité qu'il soit frauduleux. Il combine des règles expertes, des modèles d'apprentissage supervisé entraînés sur les fraudes avérées du passé, des méthodes de détection d'anomalies pour repérer les comportements inhabituels, et parfois l'analyse de réseaux, qui relie assurés, témoins, réparateurs et adresses pour révéler des filières organisées. Le score n'est pas une preuve : il sert à orienter les dossiers les plus suspects vers les enquêteurs, dont la capacité est limitée, et à laisser passer rapidement les autres. Son efficacité se mesure par la proportion de fraudes réellement détectées parmi les dossiers signalés et par le montant évité, rapportés au coût des enquêtes. Deux difficultés sont propres à ce domaine. Les fraudes connues sont rares et ne représentent que celles qu'on a su détecter, ce qui biaise l'apprentissage. Et les faux positifs ont un coût réel : un assuré honnête dont le règlement est retardé ou contesté subit un préjudice, peut saisir le médiateur et quitte souvent l'assureur. La gouvernance du score doit donc intégrer l'équité, pour éviter qu'il ne cible indirectement certaines populations.
Cas d'école : un assureur signale automatiquement les 3 pour cent de sinistres automobiles les mieux notés par son score. L'analyse de réseau révèle, parmi eux, 40 dossiers partageant le même garage, les mêmes témoins et des accidents survenus toujours la nuit : l'enquête démantèle une filière organisée et évite 1,2 million d'euros de règlements.
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