Les réponses et les explications de chaque question s’affichent ici une fois le parcours terminé. Elles renvoient alors vers la fiche du glossaire correspondante, où la notion est traitée en entier avec son exemple chiffré.
1. Une police dommages de 2017 ne mentionne le cyber nulle part. Que décrit exactement le mot « silencieux » appliqué à elle ?
Une incertitude sur la couverture, et non une absence de couverture : la réponse dépendra de la lecture de clauses générales, et cette lecture appartient à quelqu'un
Le mot désigne un état de la question et non un état de la garantie, et c'est pourquoi il faut savoir à qui l'aléa d'interprétation appartient. La proposition qui y voit une absence de couverture ferme la question dans un sens, alors qu'une définition de dommage matériel ou une exclusion héritée peuvent la faire répondre. Celle qui y voit une couverture implicite la ferme dans l'autre sens, en appliquant une règle générale à des clauses écrites pour d'autres faits. Celle sur la faute de rédaction juge rétrospectivement des contrats écrits correctement à une époque où le risque n'existait pas sous cette forme, et n'apprend rien sur le sort du dossier.
Fiche du glossaire · silent-cyber2. Le cyber silencieux a deux conséquences qu'il faut tenir ensemble. Lesquelles, et qui a raison ?
Une exposition non tarifée pour l'assureur, dont la prime a été calculée sans ce risque, et une couverture non fiable pour l'assuré, qui devra plaider pour l'être : les deux ont raison en même temps, et personne n'y gagne
La plupart des exposés n'en retiennent qu'une moitié, et c'est de tenir les deux que vient l'explication du fait que le marché s'en soit occupé. La proposition en faveur de l'assuré confond être assuré et pouvoir plaider qu'on l'est, ce qui n'est pas la même chose au moment où la trésorerie manque. Celle en faveur de l'assureur oublie que la question sera tranchée par un tiers, sur des mots dont l'assureur n'a pas choisi la portée. Celle qui invoque la symétrie traite l'incertitude comme un pari équitable, alors que les deux parties y perdent réellement, l'une une prime, l'autre une fiabilité.
Fiche du glossaire · declaration-de-risque3. En quoi ce problème est-il pire qu'une exposition simplement mal évaluée ?
Une exposition mal évaluée se corrige au renouvellement une fois mesurée ; celle-ci ne se mesure pas, étant répartie dans des polices dommages, transport, responsabilité et fraude dont aucune ne porte de code cyber, si bien qu'un assureur mesure finement son cumul affirmatif et ignore l'autre, qui se réaliserait sur le même évènement
Ce qui sépare les deux situations est la possibilité même de la mesure, et non la taille du chiffre. La proposition sur les montants pose une inégalité que rien n'établit et qui varie d'un portefeuille à l'autre. Celle sur l'ancienneté désigne une difficulté réelle d'interprétation, qui pèse sur l'issue d'un dossier et non sur la capacité d'un assureur à savoir ce qu'il porte. Celle qui les confond une fois les clauses posées oublie que les deux cumuls vivent dans des branches qui ne se parlent pas, et qu'une réassurance achetée sur le seul cumul affirmatif reste achetée sur un chiffre incomplet.
Fiche du glossaire · accumulation-cumul4. Deux assureurs portent la même exposition silencieuse de vingt millions. L'un le sait, l'autre non. Qu'est-ce qui les sépare réellement ?
Trois possibilités : celui qui sait peut la garder, la réassurer ou la retirer, ce qui est une décision ; celui qui ne sait pas n'en a aucune, et sa réassurance a été achetée sur un chiffre qui l'ignorait
L'invisibilité est le vrai défaut, plus encore que l'absence de prime, et cette comparaison est faite pour le montrer. La proposition sur la prime retient la conséquence la plus visible et la moins grave : une exposition connue et non tarifée reste pilotable, une exposition inconnue ne l'est pas. Celle qui ne voit rien avant le sinistre confond le risque porté, qui est identique, avec la position de l'assureur, qui ne l'est pas, puisque l'un a acheté sa protection en connaissance de cause. Celle sur l'exclusion imposée décrit un mouvement de marché postérieur, qui ne change rien aux contrats déjà en cours.
Fiche du glossaire · police-stand-alone5. Deux choses que le cyber silencieux n'est pas, et qu'on lui prête souvent. Lesquelles ?
Une faute de rédaction qu'on pourrait reprocher, ces polices ayant été écrites correctement pour leur époque ; et un phénomène ancien en voie d'extinction, le même mécanisme recommençant à chaque risque nouveau que les contrats ne nomment pas encore
La leçon écarte les deux confusions ensemble parce qu'elles conduisent au même geste inutile, chercher un responsable ou attendre que cela passe. La proposition qui requalifie la chose en faute de souscription est la plus tentante et elle bute sur le même fait : on ne tarifie pas un risque qu'on ne sait pas porter, et c'est l'invisibilité qui est en cause, non la négligence. Celle qui parie sur l'extinction prend l'exemple pour la famille : le cyber est le cas le mieux documenté d'un mécanisme qui se reproduira. Celle qui la dit française confond une question de rédaction contractuelle, universelle, avec l'existence de clauses de place sur un marché donné.
Fiche du glossaire · clause-guerre-cyber