Les réponses et les explications de chaque question s’affichent ici une fois le parcours terminé. Elles renvoient alors vers la fiche du glossaire correspondante, où la notion est traitée en entier avec son exemple chiffré.
1. La technique actuarielle classique suppose que le mécanisme qui produit les sinistres reste stable. Pourquoi le cyber ne remplira-t-il pas cette condition, même avec plus de données ?
Parce que l'adversaire s'adapte, que la technologie change plus vite que la période d'observation, et que les sinistres sont corrélés : ce n'est pas un défaut de données mais la nature du risque
La distinction entre un défaut de données et une propriété du risque décide de ce qu'on attend de l'avenir : le premier se corrige en patientant, la seconde jamais. Les trois autres réponses nomment des difficultés véritables, et toutes sont des défauts de données. La sous-déclaration s'améliore avec les obligations de notification. La brièveté des séries s'allonge mécaniquement. L'hétérogénéité des définitions se traite par retraitement, et le module le demande d'ailleurs. Aucune ne touche le point : quand une mesure devient courante, les attaquants changent de chemin, si bien que la fréquence de l'an dernier décrit un paysage qui n'existe plus.
Fiche du glossaire · tarification-exposition2. Le module propose un faisceau à la place d'une prédiction. Sur quoi l'exposition se chiffre-t-elle, et pourquoi pas sur le chiffre d'affaires annuel ?
Sur ce qui produit le coût : nombre d'enregistrements de données personnelles détenus, chiffre d'affaires JOURNALIER interrompu, dépendance à un système unique
Le coût d'un sinistre cyber se forme par jour d'arrêt et par enregistrement détenu, pas par année de chiffre d'affaires, et mesurer l'exposition sur la grandeur qui la produit est ce qui distingue un chiffrage d'une approximation. La valeur de remplacement du système décrit ce qui est presque toujours le plus petit poste, les serveurs n'étant pas ce qui coûte. L'effectif mesure une surface d'entrée et non un coût de sortie. Le chiffre d'affaires annuel corrigé est commode et c'est précisément sa faiblesse : deux entreprises au même chiffre annuel peuvent perdre des montants très différents par jour d'arrêt selon leur saisonnalité et leur capacité à rattraper.
Fiche du glossaire · perte-exploitation3. Que demande-t-on à une modélisation par scénarios, et en quoi la question posée diffère-t-elle de celle qu'on aimerait poser ?
On ne lui demande pas la probabilité d'un sinistre, question à laquelle personne ne sait répondre, mais ce qui se passe SI tel fournisseur est indisponible quarante-huit heures : elle produit une distribution de charges conditionnelle à un scénario
Le conditionnement est tout le procédé : on renonce à la probabilité et on travaille sur des montants, ce qui est moins satisfaisant intellectuellement et disponible. La proposition qui demande une fréquence corrigée réintroduit exactement la grandeur qu'on vient de déclarer inaccessible. Celle qui hiérarchise les assurés par probabilité fait la même chose au niveau individuel, où c'est encore plus difficile. Celle qui parle de charge maximale probable nomme un outil réel du métier et lui fait remplacer la limite, alors qu'une limite est une décision de capacité et qu'un modèle ne la prend pas.
Fiche du glossaire · spof-accumulation-cyber4. Un assuré n'a déclaré aucun sinistre en quatre ans et demande une baisse. Que renseigne réellement cette absence ?
La taille de son échantillon, qui est de un, et non son risque futur : si la fréquence de son secteur a triplé, la prime de l'an dernier ne décrit plus le risque de cette année
C'est l'inverse exact de ce qu'un exploitant attend d'une relation d'assurance, et le lui dire franchement vaut mieux que d'habiller la hausse en argument commercial. La proposition qui y voit une validation des contrôles transforme une non-observation en preuve, ce qu'elle n'est jamais sur un échantillon de un. Celle qui suppose une sous-déclaration est souvent vraie en fait et ne répond pas à la question, puisqu'elle porte sur ce que l'assuré a caché et non sur ce que l'absence renseigne. Celle qui écarte toute sinistralité individuelle durcit le propos jusqu'à le rendre faux : un sinistre survenu est bien une information, c'est son ABSENCE qui n'en est pas une.
Fiche du glossaire · sinistralite-attritionnelle5. Une série de cinq ans montre une charge moyenne en forte hausse. Quel retraitement le module exige-t-il avant d'y lire une tendance ?
Celui des changements de PÉRIMÈTRE DE GARANTIE : quand les polices se sont mises à couvrir la perte d'exploitation sans dommage matériel, la charge moyenne a bondi sans que le nombre d'attaques change. Une série non retraitée mesure l'évolution des contrats autant que celle des attaques
La sinistralité observée dépend de la couverture vendue, et c'est le retraitement que personne ne fait parce qu'il suppose de connaître l'histoire des rédactions plutôt que celle des attaques. Un actuaire qui l'omet voit une tendance là où il y a une réforme. Les trois autres retraitements sont des gestes de métier normaux et corrects. L'inflation se corrige et pèse moins. La croissance du portefeuille affecte la charge totale et non la charge MOYENNE, sur laquelle porte la question. Les sinistres exceptionnels se traitent par écrêtement, et c'est une précaution utile qui laisse intacte la déformation due au périmètre.
Fiche du glossaire · reconstitution-garantie