Sinistralité attritionnelle
Flux régulier de petits sinistres fréquents qui donne à un portefeuille une moyenne stable et prévisible.
La sinistralité attritionnelle, ce sont les sinistres nombreux et petits dont la régularité fait jouer la loi des grands nombres, par opposition aux grands sinistres isolés qui emportent un exercice entier et aux sinistres catastrophe qui frappent mille polices d'un coup. La frontière est un seuil par sinistre, fixé par le portefeuille ou par le traité : tout ce qui passe dessous est attritionnel. Le ratio attritionnel (attritional loss ratio) rapporte cette charge aux primes acquises, et le loss ratio total s'écrit attritionnel plus grands sinistres plus catastrophes. Sans elle, pas de tarification actuarielle, parce qu'elle donne une moyenne parlante et une fréquence qu'on peut estimer. On la tarifie sur l'expérience, alors que les grands sinistres se chargent par exposition ou par burning cost lissé. En réassurance, elle reste presque entière sous la priorité d'un excédent de sinistre et ne se cède qu'en quote-part, et une cédante dont le ratio attritionnel dérive voit son résultat filer sans qu'aucun traité ne s'en aperçoive. Certains marchés n'en ont presque pas, par nature, comme l'assurance spatiale, où un portefeuille de quelques dizaines d'objets valant chacun une année de prime connaît surtout des sinistres lourds, perte totale au lancement ou panne partielle en orbite (panneau solaire, propulsion), ce qui en fait une table de jeu plutôt qu'un portefeuille d'assurance au sens actuariel.
Cas d'école, portefeuille de 10 000 polices, primes acquises 4 M EUR, seuil de grand sinistre à 1 M EUR. Avec une fréquence de 3 %, 10 000 × 0,03 = 300 sinistres, coût moyen 8 000 EUR, charge attritionnelle 300 × 8 000 = 2,4 M EUR. Ratio attritionnel, 2,4 / 4 = 60 %. Un seul sinistre de 1,5 M EUR passe le seuil, et le ratio grands sinistres vaut 1,5 / 4 = 37,5 %. Loss ratio total 97,5 %, dont les 60 points attritionnels se reproduisent d'une année sur l'autre et les 37,5 points non. Le marché spatial, lui, n'a presque pas de sinistralité attritionnelle ; il subit de grands sinistres isolés capables d'emporter l'exercice entier d'un porteur.
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