Analyse de chaîne de blocs
Techniques qui retracent les flux de cryptoactifs sur les registres publics et rattachent des adresses à des acteurs identifiés ; elles servent à suivre les rançons, à cribler les portefeuilles sanctionnés et à récupérer des fonds.
Les principales chaînes de blocs sont des registres publics : chaque transaction y est visible, mais les adresses ne portent pas de nom. L'analyse de chaîne de blocs consiste à regrouper les adresses contrôlées par un même acteur, à suivre les fonds de transaction en transaction, et à rattacher ces grappes à des entités connues : plateformes d'échange, services de mélange, groupes rançongiciels, portefeuilles saisis par la justice. Des entreprises spécialisées vendent ces analyses aux forces de l'ordre, aux plateformes et aux assureurs. Leur usage est devenu central à la jonction du cyber et des sanctions. Depuis 2018, le Trésor américain inscrit des adresses de cryptoactifs sur ses listes de sanctions ; en 2022, il a même sanctionné un service de mélange décentralisé, décision ensuite contestée en justice et levée en 2025. Avant de payer une rançon, le négociateur doit donc cribler l'adresse fournie par l'attaquant et ses liens connus, pour vérifier qu'elle n'appartient pas à une entité sanctionnée. Après le paiement, le traçage permet parfois aux enquêteurs de geler les fonds lorsqu'ils atteignent une plateforme régulée, et d'en récupérer une partie, comme dans l'affaire Colonial Pipeline. Les limites sont connues : les services de mélange, les passages d'une chaîne à l'autre et les cryptoactifs à confidentialité renforcée brouillent la piste.
Cas d'école : avant d'autoriser le remboursement d'une rançon de 400 000 dollars, un assureur fait analyser l'adresse fournie par les attaquants. Elle a reçu des fonds d'un portefeuille lié à un groupe sanctionné six mois plus tôt : le paiement est bloqué, et l'assuré restaure ses systèmes depuis ses sauvegardes.
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