Câble d'export d'un parc éolien en mer
Le câble haute tension qui relie la sous-station en mer au réseau à terre. Point de défaillance unique du parc, il pèse selon les estimations de place la majeure partie du coût des sinistres de l'éolien en mer.
15 octobre 2020, 16 h 54, mer d'Irlande. Le circuit d'export SSEC3 de Gwynt y Môr, un parc de 576 MW au large du pays de Galles, déclenche ; les essais situent un défaut unique à environ 11 km de la côte. Le circuit porte 25 % de la capacité de transport du parc, les trois autres câbles tiennent. La réparation remplace des kilomètres de câble ; le circuit revient le 7 mars 2021, seize jours après la date visée, puis reste bridé à 52,8 % de sa capacité jusqu'à l'été 2022 pour ne pas rompre une seconde fois. L'Ofgem accepte ensuite de traiter la panne comme un événement ajustant le revenu du propriétaire du réseau, à hauteur de 9,17 M£ pour l'exercice 2020-2021 avant une déduction de 3 M£. Le câble d'export est la pièce la moins chère par mégawatt et la plus coûteuse en sinistres. Les estimations de place convergent : DNV reprend un chiffre d'environ 80 % des pertes financières et des réclamations de l'éolien en mer liées aux câbles, et les portefeuilles publiés par le marché vont d'à peu près la moitié aux trois quarts du coût des sinistres, selon qu'on compte en nombre ou en montant. En nombre, les turbines dominent. En montant, le câble l'emporte, parce qu'il est un point de défaillance unique : un parc à un seul câble d'export perd toute sa production à la première rupture. Riffgat, en mer du Nord allemande, est resté à l'arrêt de novembre 2015 au printemps 2016 sur un court-circuit de son câble. Les causes se répartissent entre la pose (traction excessive, rayon de courbure, protection mal posée à l'entrée de la fondation), l'ensouillage insuffisant qui expose le câble aux ancres et aux chaluts, et les défauts de fabrication des jonctions. Le délai de réparation fait le sinistre : localiser le défaut, mobiliser un navire câblier, trouver du câble et des jonctions de rechange, attendre la fenêtre météo. Cela va de quelques semaines, quand le stock est là, à quatre ou cinq mois en hiver. La perte d'exploitation se souscrit avec une franchise en jours, et les assureurs regardent d'abord l'existence d'un stock de rechange et d'un contrat de réparation préétabli.
Cas d'école chiffré. Un parc de 600 MW exporte par deux câbles de 300 MW. L'un casse et reste hors service 100 jours. Production perdue : 300 MW × 24 h × 100 j × 40 % de facteur de charge = 288 000 MWh, à 90 €/MWh, soit 25,92 M€. La police de perte d'exploitation a une franchise de 60 jours : elle paie 40/100 × 25,92 = 10,368 M€. La réparation coûte 15 M€, franchise dommages 1 M€ : 14 M€. Avec un seul câble de 600 MW, la perte double à 51,84 M€ et l'indemnité PE à 20,736 M€.
câble d'export, câble d'exportation offshore, liaison d'export sous-marine, export cable, câble sous-marin haute tension
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.