Faux drapeau (cyber)
Traces laissées à dessein par un attaquant pour faire accuser un autre acteur, ce qui rend fragile toute garantie dont le sort dépend de l'auteur de l'attaque.
Une opération sous faux drapeau est une attaque dont l'auteur sème des indices techniques qui désignent quelqu'un d'autre : fragments de code réutilisés, commentaires dans une autre langue, infrastructure empruntée à un groupe connu. Elle vise à brouiller l'attribution, qui repose justement sur ces indices. Pour l'assurance, le faux drapeau est un problème de contrat autant que de technique : dès lors qu'une exclusion de guerre ou d'acte étatique dépend de l'identité de l'attaquant, une erreur d'attribution fait passer un sinistre d'un côté à l'autre de la garantie. C'est pourquoi les clauses de guerre cyber du marché de Londres renvoient d'abord à l'attribution faite par le gouvernement de l'État touché, puis à une inférence raisonnable, plutôt qu'à l'analyse du seul assureur. Le souscripteur doit lire ces clauses en sachant que la première attribution publique n'est pas toujours la bonne.
Le 9 février 2018, l'attaque Olympic Destroyer paralyse les systèmes de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Pyeongchang. Son code imitait celui du groupe nord-coréen Lazarus ; il a fallu attendre le 19 octobre 2020 pour que la justice américaine inculpe six officiers du renseignement militaire russe.
opération sous faux drapeau, false flag operation, fausse attribution délibérée
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