Fraude au virement dans le marché de l'art
Détournement du prix d'une œuvre par un fraudeur qui s'introduit dans la messagerie du vendeur ou de l'acheteur et substitue ses coordonnées bancaires, risque cyber typique d'un marché de gros montants traités par courriel.
Le marché de l'art cumule les conditions de la fraude au virement : des montants de plusieurs millions, des transactions entre parties qui se connaissent peu, des intermédiaires nombreux et un usage massif du courriel pour les factures et les instructions de paiement. Le fraudeur compromet la boîte d'un marchand, d'un conseiller ou d'un acheteur, observe la négociation, puis envoie au bon moment une facture identique à l'originale mais portant un compte différent. L'acheteur paie, le vendeur ne reçoit rien, et la question devient juridique : qui supporte la perte, celui dont la messagerie a été compromise ou celui qui n'a pas vérifié le changement de coordonnées ? Les polices beaux-arts ne couvrent pas ce risque, qui relève des polices cyber ou crime, souvent avec des sous-limites pour l'ingénierie sociale. C'est un point de jonction entre le fine art et le cyber que les souscripteurs des deux lignes ont intérêt à lire ensemble.
En 2018, le Rijksmuseum Twenthe a versé environ 2,4 millions de livres pour un paysage de Constable acheté au marchand londonien Simon C. Dickinson sur un compte indiqué par des fraudeurs qui avaient pénétré la messagerie de la transaction ; le litige sur la charge de la perte a été porté devant la High Court de Londres.
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