Logiciel espion commercial
Outils d'intrusion vendus par des entreprises privées à des États pour surveiller des téléphones, souvent sans action de la victime ; leur marché fait l'objet de listes noires et de sanctions.
Le logiciel espion commercial est une industrie : des entreprises privées développent ou achètent des vulnérabilités inconnues des éditeurs, construisent des chaînes d'exploitation capables d'infecter un téléphone sans que sa victime clique sur rien, et vendent le tout comme un service à des gouvernements. Pegasus, développé par une société israélienne, et Predator, commercialisé par un consortium européen, en sont les exemples les plus documentés ; des enquêtes journalistiques et universitaires ont établi leur usage contre des journalistes, des opposants et des responsables politiques, y compris dans des pays de l'Union européenne. Les États ont commencé à encadrer ce marché. En novembre 2021, le département du commerce américain a inscrit la société éditrice de Pegasus sur sa liste d'entités ; en mars 2024, le Trésor a sanctionné les dirigeants du consortium Predator. Le Parlement européen a mené une commission d'enquête, et un processus diplomatique lancé en 2024 par la France et le Royaume-Uni cherche des règles communes. Pour l'assurance, le sujet touche la protection des dirigeants et des personnes exposées, la responsabilité des entreprises dont les appareils professionnels sont compromis, et surtout l'économie des vulnérabilités : le même marché qui équipe les services de renseignement alimente, par fuite ou revente, les outils criminels.
Cas d'école : le directeur financier d'un groupe européen engagé dans une acquisition sensible découvre, par une alerte de son fabricant de téléphone, que son appareil a été ciblé par un logiciel espion étatique. L'entreprise mobilise son panel de réponse à incident, qui établit quelles informations ont pu fuir et si l'opération est compromise.
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