Logiciel en fin de support
Logiciel que son éditeur ne corrige plus : chaque faille découverte après la date de fin de support reste ouverte, et le souscripteur cyber la traite comme une vulnérabilité permanente.
Le 12 mai 2017, WannaCry chiffre des centaines de milliers de machines, et une bonne part tourne encore sous Windows XP, que Microsoft ne corrige plus depuis avril 2014. Le correctif de la faille exploitée existait depuis mars pour les versions suivies. Le 13 mai, Microsoft publie à titre exceptionnel un correctif pour XP : le geste a marqué parce qu'il était hors de la règle. Un logiciel en fin de support est un produit dont l'éditeur a cessé de publier les mises à jour de sécurité à une date annoncée longtemps à l'avance. Windows 7 n'en reçoit plus depuis le 14 janvier 2020, Windows 10 depuis le 14 octobre 2025, sauf pour les clients qui paient les mises à jour de sécurité étendues. Pour le souscripteur, la date compte plus que la marque : passé ce jour, toute faille publiée reste exploitable sans limite de temps sur le parc concerné. Le questionnaire de souscription demande donc la part du parc hors support, et le nom des systèmes qui ne peuvent pas migrer (automates, postes pilotant une machine, logiciel métier lié à une vieille version). Une réponse franche, avec un isolement documenté, pèse en général plus qu'un « non » qui se révélera faux au premier sinistre. Côté rédaction, plusieurs wordings du marché contiennent une exclusion de vulnérabilité non corrigée, ou une franchise et une limite qui se dégradent avec l'âge de la faille ; un poste XP en tombe par construction. La segmentation réseau sert de mesure compensatoire quand la migration est impossible, et le souscripteur la lira comme telle à condition qu'elle soit vérifiable. Nuance utile : un système hors support qui ne parle à rien reste un risque modeste, c'est l'exposition au réseau qui le rend dangereux. À ne pas confondre avec une faille zero-day : là, personne n'a encore de correctif ; ici, l'éditeur a décidé de ne plus en écrire.
Cas d'école : une PME industrielle déclare 400 postes, dont 30 encore sous Windows 7 parce qu'ils pilotent des machines-outils dont le fabricant ne certifie pas d'autre système. Le souscripteur demande le plan réseau : les 30 postes sont-ils sur un segment isolé, sans messagerie ni navigation, avec un seul flux filtré vers le serveur de production ? Si oui, il note une mesure compensatoire et poursuit l'étude. Si les postes partagent le réseau bureautique, la proposition revient avec une exclusion de vulnérabilité non corrigée appliquée à ces machines, ou une franchise relevée pour tout sinistre qui y prend naissance.
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