Mirai (réseau d'objets connectés, 2016)
Logiciel qui a enrôlé en 2016 des centaines de milliers de caméras et routeurs mal protégés dans un réseau d'attaque, et privé une partie de l'internet de grands services en frappant un fournisseur de noms de domaine.
Mirai est apparu à l'été 2016. Il parcourait internet à la recherche d'objets connectés, caméras de surveillance, enregistreurs vidéo, routeurs domestiques, et s'y connectait en essayant une courte liste de mots de passe par défaut que leurs propriétaires n'avaient jamais changés. Les appareils infectés rejoignaient un réseau commandé à distance. En septembre 2016, il frappe un grand hébergeur européen et un site de journalisme spécialisé par des attaques de déni de service d'une puissance alors inédite. Le 21 octobre 2016, il vise un fournisseur américain de résolution de noms de domaine : pendant plusieurs heures, des services majeurs, réseaux sociaux, plateformes de vidéo, sites de presse, deviennent inaccessibles pour une large partie des internautes américains et européens, sans avoir eux-mêmes été attaqués. Les auteurs, de jeunes Américains qui cherchaient d'abord à nuire à des concurrents dans l'hébergement de serveurs de jeux, ont plaidé coupable en 2017 ; le code publié entre-temps a inspiré de nombreuses variantes. Pour l'assurance, Mirai a montré trois choses : un risque d'accumulation par des millions d'appareils bon marché que personne ne met à jour, une perte d'exploitation contingente chez les clients d'un prestataire technique unique, et une responsabilité potentielle des fabricants qui livrent des produits sans sécurité minimale, que les législations récentes sur les objets connectés ont fini par encadrer.
Cas d'école : une plateforme de commerce en ligne perd six heures de ventes lors d'une attaque contre son fournisseur de noms de domaine, comme lors de l'attaque contre Dyn du 21 octobre 2016, alors que ses propres serveurs fonctionnent. Sa police cyber ne couvre la perte que si elle inclut la panne dépendante d'un prestataire, ce que l'épisode Mirai a conduit beaucoup d'entreprises à vérifier.
Mirai, attaque contre Dyn, Dyn DDoS, Mirai botnet
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.