Panne d'Hydro-Québec (1989)
Effondrement du réseau électrique québécois en quatre-vingt-dix secondes sous l'effet d'une tempête géomagnétique, référence de tous les scénarios de météo spatiale.
Lors d'une tempête géomagnétique, les variations rapides du champ magnétique terrestre induisent des courants continus dans les longues lignes à haute tension, surtout sur un sol rocheux qui conduit mal. Ces courants saturent les transformateurs, qui chauffent et consomment de la puissance réactive, et les protections du réseau déclenchent pour éviter les dommages. Le réseau québécois, fait de très longues lignes posées sur le bouclier canadien, était exposé au plus haut point : ses compensateurs ont décroché les uns après les autres, et l'ensemble s'est effondré en moins de deux minutes. L'épisode est devenu le point de calibrage des scénarios de tempête extrême, car il montre que le risque n'est pas la destruction d'un satellite mais la chute d'un réseau terrestre, dont dépendent les data centers et toute l'économie servie. Il a conduit les gestionnaires de réseau nord-américains à intégrer la météo spatiale à leurs normes de fiabilité.
Le 13 mars 1989 à 2 h 44, le réseau d'Hydro-Québec s'est effondré en environ quatre-vingt-dix secondes ; six millions de personnes ont été privées d'électricité pendant près de neuf heures, et la même tempête a endommagé un transformateur de la centrale nucléaire de Salem, dans le New Jersey.
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