Les réponses et les explications de chaque question s’affichent ici une fois le parcours terminé. Elles renvoient alors vers la fiche du glossaire correspondante, où la notion est traitée en entier avec son exemple chiffré.
1. Dans le cas travaillé, la tranche de 40 millions au-delà de 10 est épuisée en février, reconstituée une fois, et l'exercice apporte encore deux évènements. Combien la cédante conserve-t-elle en octobre, sur un sinistre de 30 millions ?
28 millions : 10 de priorité plus 18 non protégés, la tranche n'ayant plus que 2 millions de portée
En février la tranche paie ses 40 millions et s'épuise ; en juin, reconstituée, elle en paie 38, ce qui ne laisse que 2 millions de portée et plus aucune reconstitution. En octobre, sur 30 millions, elle ne verse donc que ces 2 : la cédante conserve 10 plus 18, soit 28 millions, davantage qu'en février où le sinistre était pourtant de 55. C'est le résultat que le module veut faire toucher du doigt, et il ne se voit qu'en suivant la tranche d'un bout à l'autre de l'exercice. Répondre 30 oublie les 2 millions qui restent et qu'il faut réclamer ; répondre 10 suppose une tranche encore intacte.
Fiche du glossaire →2. La reconstitution du cas est au prorata du montant et au prorata du temps. Que change le prorata du temps selon que l'évènement survient en février ou en novembre ?
En février elle coûte près de sa prime pleine, avec dix mois restants, et en novembre presque rien : elle est tarifée au calendrier
Le prorata du temps facture la période d'exposition restant à courir, et non l'usage déjà fait de la tranche. Un évènement précoce déclenche donc une dépense presque pleine, immédiate, au pire moment de trésorerie, celui où l'on vient de subir un sinistre de masse. La réponse qui la dit moins chère en février inverse le mécanisme en raisonnant sur l'usure, comme on le ferait d'un bien loué. Et le cyber ajoute sa propre dureté : il n'a pas de saison, donc une tranche épuisée tôt laisse une exposition uniforme jusqu'à la fin de l'exercice, sans fenêtre qui se referme comme le ferait une saison cyclonique.
Fiche du glossaire →3. Le comité de souscription avait retenu que le programme couvrait deux grands évènements. En quoi cette phrase, vraie, l'a-t-elle égaré ?
Elle répondait à une question de sévérité, alors que l'exercice a posé une question de fréquence
C'est parce que la phrase est exacte qu'elle est difficile à contester en séance, et c'est ce qui en fait un piège plutôt qu'une erreur. Le programme a été éprouvé sur une trajectoire à deux évènements lourds, et l'exercice en a apporté trois, moyens. La portée répond à la taille d'un évènement, la reconstitution au nombre de fois, et sur un péril dont la fréquence monte c'est la seconde qui décide de l'année. La réponse qui désigne la priorité vise juste sur un point, la conservation se répète à chaque évènement, mais la priorité est une somme connue et budgétée alors que l'épuisement retire la protection elle-même.
Fiche du glossaire →4. Le module relie la reconstitution à la fenêtre d'agrégation. Que se serait-il passé si la cédante avait découpé février en deux évènements pour récupérer les 5 millions perdus au-dessus de la tranche ?
Elle aurait consommé sa reconstitution dès février, et juin comme octobre seraient restés entièrement à sa charge
Un second évènement consomme une seconde tranche, donc une seconde reconstitution, et il n'y en avait qu'une. L'optimisation qui gagne quinze millions en mars peut donc en coûter quarante en septembre, et c'est le rappel que le bon objectif n'est pas le recouvrement de ce sinistre mais celui de l'année. La réponse qui parle d'une perte totale du bénéfice de la tranche exagère dans l'autre sens : la tranche aurait bien répondu à ces deux évènements de février, simplement il n'en serait rien resté ensuite. Un programme ne se lit donc pas ligne par ligne, il se fait parcourir des trajectoires.
Fiche du glossaire →5. Quelle forme de protection répond à une question de fréquence plutôt qu'à une question de sévérité ?
Le stop-loss, qui regarde la charge totale de l'exercice et non chaque évènement pris à part
Le stop-loss se déclenche quand la charge totale d'une période dépasse un seuil, presque toujours exprimé en pourcentage des primes : il ignore la taille de chaque sinistre et ne regarde que le résultat de l'année. L'excédent par évènement fait exactement l'inverse, et c'est pourquoi il laisse passer la multiplication de sinistres modérés. La clause d'agrégation est le meilleur distracteur du lot parce qu'elle regroupe effectivement des sinistres : mais elle les regroupe pour former un évènement au sens du traité, ce qui reste une logique de sévérité, et non pour additionner l'année.
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