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Le filjeudi 17 septembre 20262 sources ouvertes

Aux Bermudes, la fermeture des postes de débutant pénalise d'abord les nouveaux arrivants

Le 8 septembre 2026, le gouvernement des Bermudes a classé plusieurs postes de débutant de l'assurance et de la réassurance dans la catégorie « fermée » de sa liste des emplois : aucun titulaire de permis de travail ne peut plus y être embauché, ni sous conditions ni dans le cadre d'un quota. The Royal Gazette rend compte le 11 septembre des premières réactions du secteur ; Bernews rapporte, dans la même quinzaine, la réponse du gouvernement aux inquiétudes soulevées entre-temps. Les deux articles se lisent comme les deux moitiés d'une conversation qui n'est pas encore terminée.

D'après The Royal Gazette, la liste fermée compte désormais sept intitulés précis : assistant souscripteur, souscripteur stagiaire et assistant à l'administration de la souscription côté souscription ; assistant sinistres et gestionnaire adjoint des sinistres côté indemnisation ; assistant courtier et courtier junior côté courtage. Jason Hayward, ministre de l'Économie et du Travail, justifie la mesure en une phrase : « les voies de réussite doivent rester ouvertes aux Bermudiens ». Trois sources du secteur, citées sans être nommées, y voient une « solution qui cherche un problème » : après avoir interrogé plusieurs confrères, aucune ne peut citer un seul titulaire de permis de travail qui occupe aujourd'hui l'un de ces postes.

Dans Bernews, le gouvernement répond aux inquiétudes remontées par le secteur. Il dit assumer sa responsabilité de protéger des postes pour les Bermudiens, en particulier pour les jeunes qui cherchent un premier emploi, et vouloir continuer à travailler avec l'industrie pour concilier cet objectif avec un secteur international qui reste compétitif. Il ne répond pas à l'argument précis des trois sources de la Royal Gazette, à savoir qu'aucun titulaire de permis de travail n'occupe aujourd'hui ces postes. Il parle de l'intention affichée, et laisse de côté le constat chiffré qu'on lui oppose.

Les deux articles ne se répondent pas directement, mais ils s'accordent sur un point : ni le gouvernement ni les sources du secteur ne prétendent qu'un Bermudien est aujourd'hui écarté de l'un de ces postes au profit d'un titulaire de permis de travail. Des deux côtés, la mesure passe pour préventive plutôt que corrective. La question change donc de nature : faute d'emploi menacé à protéger, reste à savoir quel comportement futur elle entend empêcher.

La catégorie fermée interdit, sans aucune nuance. La catégorie restreinte autorise un permis de travail sous conditions ; la fermée barre la route à tout employeur, y compris à celui qui n'a encore aucun salarié bermudien pour encadrer un débutant. L'une des trois sources citées par la Royal Gazette met le doigt sur cet angle mort, sans le nommer ainsi : « toutes les entreprises n'ont pas le luxe de former un assistant souscripteur dès le premier jour ». Une compagnie déjà installée aux Bermudes, qui recrute pour étoffer une équipe existante, absorbe la contrainte sans peine : selon les sources du secteur, elle embauche déjà sur place. Le nouveau venu sur l'île, gestionnaire de fonds ILS, MGA spécialisé ou réassureur qui vient d'obtenir sa licence de la Bermuda Monetary Authority, n'a par définition personne sur place à qui confier la formation d'un stagiaire, puisque ses cadres seniors arrivent eux-mêmes sous permis de travail. La mesure vise un déplacement qu'aucune des deux parties ne peut documenter aujourd'hui, et frappe en pratique l'acteur qui n'a jamais eu l'occasion de déplacer personne : celui qui n'est pas encore arrivé.

Pour le cabinet de droit de l'immigration ou le conseil en implantation qui organise l'arrivée d'un nouvel assureur ou d'un gestionnaire ILS aux Bermudes, le calendrier de recrutement change dès le premier jour de la licence. Les postes de débutant en souscription, en sinistres et en courtage se pourvoient désormais sur place, sans aucune marge de permis de travail : il faut donc un partenaire de recrutement local avant l'ouverture, ou accepter un délai supplémentaire avant de tourner à pleine capacité. Pour la Bermuda Monetary Authority, qui instruit les nouvelles licences de classes de capital, la règle pèse désormais concrètement dans la concurrence avec les autres domiciles, au moment même où l'île défend son avance sur les capacités alternatives et les nouveaux véhicules de réassurance.

On ignore encore si la mesure a déjà dissuadé une nouvelle entité de s'installer aux Bermudes depuis son entrée en vigueur le 8 septembre : la Bermuda Monetary Authority publie ses statistiques de nouvelles licences avec un décalage qui ne permettra pas de trancher avant plusieurs mois. On ne sait pas non plus si le gouvernement envisage une dérogation ou un régime transitoire pour le nouvel entrant sans effectif local. Aucun des deux articles n'évoque cette piste, et aucune date de réexamen n'est fixée à ce jour.

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