Assurabilité individuelle de l'astronaute
Difficulté historique à obtenir une assurance-vie commerciale pour un astronaute, faute d'appétit du marché pour un risque jugé incalculable, qui a poussé les premiers équipages à improviser leur propre substitut.
L'assurabilité individuelle de l'astronaute pose, dès les débuts du vol habité, un problème que le marché commercial n'a longtemps pas su résoudre : aucun assureur ne disposait de données actuarielles pour tarifer un risque de mortalité aussi extrême et aussi nouveau que celui d'une mission orbitale. Les astronautes du programme Mercury puis Gemini et Apollo se sont donc trouvés dans l'incapacité pratique de souscrire une assurance-vie ordinaire à un tarif soutenable pour leur famille, la NASA ne fournissant à l'époque aucune garantie décès comparable à celle d'un militaire en opération. Faute de marché, plusieurs équipages ont improvisé un substitut privé, en signant à l'avance des centaines d'enveloppes philatéliques datées, que leurs proches pouvaient revendre à des collectionneurs en cas de décès en mission pour compenser l'absence de capital assuré. Ce contournement illustre une limite structurelle de l'assurabilité individuelle face à un risque nouveau sans historique de sinistres : le marché n'a rattrapé cette lacune qu'avec la maturation du vol spatial commercial, les compagnies d'assurance-vie modernes traitant désormais le vol orbital comme une exclusion tarifable plutôt que comme un risque inassurable.
Avant le lancement d'Apollo 11 le 16 juillet 1969, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins ont signé plusieurs centaines d'enveloppes commémoratives datées, destinées à être vendues par leurs familles à des collectionneurs philatéliques en cas de décès pendant la mission, faute d'assurance-vie commerciale accessible.
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