Assurances ingénierie
La branche des risques techniques : chantier, montage, perte d'exploitation anticipée, puis bris de machine, engins et matériel électronique une fois l'ouvrage en service. Une branche d'ingénieurs plus que de juristes.
Sur le marché, « engineering » désigne une famille de polices réunies par un même savoir, celui des machines et des ouvrages, plutôt que par un même péril. Les assureurs qui la pratiquent partagent leurs pertes et leurs rédactions au sein de l'IMIA, et ses origines remontent aux compagnies d'inspection des chaudières du XIXe siècle, qui assuraient ce qu'elles avaient visité. La famille se coupe en deux. Les polices de projet vivent le temps d'un chantier : tous risques chantier pour le génie civil, tous risques montage pour les équipements, avec leurs essais et leur période de maintenance, et la perte d'exploitation anticipée qui paie la marge d'une mise en service retardée. Les polices d'exploitation prennent la suite, annuelles : bris de machine et sa perte d'exploitation, engins de chantier, matériel électronique (salles de contrôle, automates, informatique, avec les frais de reconstitution des données). La frontière entre les deux est la réception, et c'est là que naissent les litiges : une panne la veille relève de la franchise montage, le lendemain de celle du bris de machine. Ce qu'on appelle power generation insurance est l'application de cette famille aux centrales en service : un programme qui réunit dommages, bris de machine et perte d'exploitation pour une centrale thermique, hydraulique ou un parc renouvelable, souscrit sur dossier technique (heures de fonctionnement, historique des révisions, stock de pièces). Le souscripteur raisonne en machines critiques et en délais de remplacement : un transformateur principal à dix-huit mois de fabrication fixe la PE plus que sa valeur. Les questions de rédaction se ressemblent d'une police à l'autre : clauses LEG ou DE pour le défaut, clause de défaut de série quand une même pièce lâche sur plusieurs machines.
Cas d'école chiffré. Un transformateur de 3 M€ lâche dans une centrale neuve. S'il casse la veille de la réception, la police montage paie 3 M€ moins une franchise de 250 k€, soit 2,75 M€. S'il casse le lendemain, le bris de machine paie 3 M€ moins 500 k€, soit 2,5 M€. Côté revenu, 200 jours d'arrêt à 60 k€ de marge par jour : l'ALOP, avec 60 jours de franchise, paie 140 x 60 = 8,4 M€ ; la PE bris de machine, avec 45 jours, paie 155 x 60 = 9,3 M€. Un jour d'écart, 0,65 M€ de différence nette.
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