Attaque contre TV5Monde (2015)
Sabotage qui coupe les douze chaînes de TV5Monde dans la nuit du 8 au 9 avril 2015. Revendiqué par un « Cybercalifat » djihadiste, il est ensuite rattaché par l'enquête à APT28 : un faux drapeau d'école.
Le 8 avril 2015, vers 22 heures, les douze chaînes de TV5Monde passent au noir. Les comptes de la chaîne sur les réseaux sociaux affichent des messages de l'État islamique, signés d'un « Cybercalifat ». Les attaquants ont fait plus qu'une défiguration : ils ont détruit le logiciel des équipements de diffusion, après des semaines de reconnaissance dans le réseau. L'ANSSI intervient dans la nuit. En juin 2015, la presse française rapporte que l'enquête mène à APT28, le groupe rattaché au renseignement militaire russe. Le Cybercalifat était une revendication fabriquée. Le directeur général de la chaîne, Yves Bigot, a chiffré le coût de 2015 entre 4,3 et 5 millions d'euros, puis plusieurs millions par an pour la sécurité. Le cas est devenu la référence du faux drapeau. Pour un souscripteur, il montre que la revendication est la pièce la moins fiable d'un dossier d'attribution. Il montre aussi que la qualification change au fil de l'enquête : une attaque d'abord lue comme du terrorisme, couverte ou exclue selon d'autres clauses, devient deux mois plus tard une opération étatique. Une police qui distingue cyberterrorisme et cyber-opération doit dire à quel moment la qualification se fige.
Exemple construit : une chaîne d'information assurée avec une extension cyberterrorisme subit un sabotage revendiqué par un groupe djihadiste. L'assureur paie la première tranche au titre de l'extension. Quatre mois plus tard, le gouvernement attribue l'attaque à un service étranger. La police porte une exclusion des cyber-opérations étatiques sans clause de figement : l'assureur demande le remboursement, et le différend part en arbitrage.
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