Attaques houthies en mer Rouge
Campagne d'attaques contre les navires marchands lancée le 19 novembre 2023 ; elle a coulé plusieurs navires, divisé environ par deux les transits par Suez et multiplié la prime de guerre maritime.
Le 19 novembre 2023, les Houthis détournent le Galaxy Leader dans le sud de la mer Rouge. Suivent des mois de tirs de missiles et de drones contre des navires marchands. Le Rubymar coule le 2 mars 2024, le True Confidence est touché le 6 mars et trois marins y meurent ; en juillet 2025, le Magic Seas puis l'Eternity C sont coulés. Les transits par Suez chutent environ de moitié, une large part des porte-conteneurs passant par le cap de Bonne-Espérance. Pour l'assurance, la crise se lit d'abord dans la prime additionnelle risque de guerre. Les polices corps et machines excluent la guerre ; on la rachète en risque de guerre, avec une clause qui permet à l'assureur de résilier à bref délai et de surtarifer chaque passage dans une zone listée par le Joint War Committee. Cette prime additionnelle, payée par transit, est passée d'environ 0,05 % de la valeur du navire avant la crise à près de 0,7 %, puis 1 % au plus fort. Sur un navire valant 100 millions de dollars, cela fait jusqu'à un million par passage. Le prix suit le pavillon, l'armateur et les escales : un navire lié à des intérêts que les Houthis désignent paie plus, ou ne trouve pas de couverture. Le marché a continué à couvrir, c'est le prix qui a fait le tri, et c'est ce qui distingue la mer Rouge d'une zone fermée. Le risque de cumul est réel, avec des corps, des facultés, des équipages et, avec le Rubymar dont l'ancre est soupçonnée d'avoir sectionné des câbles, des infrastructures sous-marines. À ne pas confondre avec la piraterie somalienne : même région, mais l'acteur poursuit un but politique et vise des navires choisis, sans rançon ; c'est donc la police risque de guerre qui répond, pas la police piraterie.
Cas d'école : un armateur doit faire passer en février 2024 un porte-conteneurs valant 80 millions de dollars par Bab el-Mandeb. Son assureur risque de guerre cote la prime additionnelle à 0,7 % de la valeur, soit 560 000 dollars pour un transit, sous réserve qu'aucune escale récente ne lie le navire à un intérêt visé. L'armateur compare avec le détour par le cap de Bonne-Espérance : une dizaine de jours de plus, en carburant et en affrètement. Il choisit le détour, comme une bonne part de la flotte ce mois-là.
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