Blocage d'un navire (blocking and trapping)
Extension des garanties guerre maritimes qui indemnise la perte totale d'un navire empêché de quitter un port ou une zone par un blocus ou un acte de guerre, après une période de blocage prolongée, souvent douze mois.
Un navire peut être perdu pour son armateur sans avoir subi le moindre dommage : il suffit qu'un blocus, la fermeture d'une voie navigable, la présence de mines ou l'interdiction des autorités l'empêchent de quitter le port ou la zone où il se trouve. La police corps ne répond pas, faute de dommage matériel, et la garantie guerre de base ne couvre pas toujours cette privation. L'extension dite blocking and trapping comble cette lacune : lorsque le navire est bloqué par un péril de guerre couvert pendant une durée continue fixée au contrat, souvent douze mois, parfois six, l'armateur peut le déclarer en perte totale constructive et être indemnisé de sa valeur assurée, le navire devenant alors la propriété des assureurs. L'extension est souvent sous-limitée et sa souscription dans les zones de conflit exige une appréciation politique de la durée probable du blocage. Elle illustre la particularité des risques de guerre : le sinistre n'est pas un événement mais une durée, et son coût dépend d'une décision politique sur laquelle ni l'armateur ni l'assureur n'ont prise. Elle rejoint ainsi la logique de l'abandon forcé en risque politique terrestre.
Après le 24 février 2022, une soixantaine de navires étrangers se sont retrouvés bloqués dans les ports ukrainiens, avec leurs équipages. Pour ceux dont la garantie guerre comportait l'extension, le décompte des douze mois a commencé ; plusieurs ont pu sortir en 2022 et 2023 par les corridors négociés, d'autres ont fait l'objet de déclarations de perte totale.
blocking and trapping, navire bloqué dans une zone de guerre, détention par blocus
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.