Cyberattaques contre l'Estonie (2007)
Vague d'attaques par déni de service qui a paralysé pendant plusieurs semaines les sites de l'État, des banques et des médias estoniens en 2007, sur fond de conflit mémoriel avec la Russie ; première attaque visant un État entier.
Fin avril 2007, le gouvernement estonien déplace hors du centre de Tallinn une statue de soldat soviétique, le Soldat de bronze. Des émeutes éclatent, et une campagne d'attaques par déni de service distribué frappe pendant environ trois semaines les sites du parlement, des ministères, des principales banques, des médias et des partis. Les banques en ligne, dans l'un des pays les plus numérisés d'Europe, sont perturbées, et certaines coupent l'accès depuis l'étranger. Les attaques sont menées par des réseaux de machines compromises et par des volontaires appelés sur des forums russophones. L'Estonie accuse la Russie, qui dément ; une seule personne sera condamnée, un étudiant russophone résidant en Estonie. L'épisode est devenu fondateur. Il a conduit à la création à Tallinn, en 2008, du centre d'excellence de l'OTAN pour la cyberdéfense coopérative, qui a publié le Manuel de Tallinn. Il a fixé le modèle de l'attaque à attribution floue, où un État bénéficie d'une opération menée par des volontaires qu'il ne revendique pas. Pour l'assurance, il montre la difficulté de qualifier une campagne hacktiviste encouragée par un État : ni acte de guerre, ni simple délinquance, elle se situe précisément dans la zone que les clauses d'exclusion peinent à décrire.
Cas d'école : une banque en ligne d'un petit État européen subit trois semaines de déni de service après une décision politique contestée par un pays voisin, comme l'Estonie à partir du 27 avril 2007. Son assureur couvre la perte d'exploitation au titre de l'attaque par déni de service, faute de preuve d'une implication étatique suffisante pour invoquer l'exclusion.
Estonie 2007, Estonia 2007, affaire du Soldat de bronze, Bronze Soldier attacks
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