Shamoon (Saudi Aramco, 2012)
Attaque par logiciel d'effacement qui a détruit en 2012 les données d'environ trente mille postes de travail de la compagnie pétrolière saoudienne, attribuée à l'Iran ; premier grand sabotage informatique d'une entreprise par un État.
Le 15 août 2012, un logiciel baptisé Shamoon efface les disques durs d'environ trente mille postes de travail de Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale saoudienne, et affiche à la place l'image d'un drapeau américain en feu. La production de pétrole n'est pas touchée, les systèmes industriels étant séparés, mais l'entreprise doit reconstruire l'essentiel de son informatique de gestion et revenir pendant des semaines à des procédures papier. Quelques jours plus tard, le même logiciel frappe un producteur de gaz qatari. Des responsables américains ont attribué l'opération à l'Iran, dans un contexte de rivalité régionale et après la découverte de Stuxnet, dirigé contre le programme nucléaire iranien. Des variantes ont frappé de nouveau des entreprises du Golfe en 2016 et 2018. Pour l'assurance, Shamoon a marqué le passage du cyber comme vol de données au cyber comme destruction d'actifs. Il a montré l'intérêt d'un État à frapper une entreprise plutôt qu'une administration, pour atteindre un rival économique sans acte militaire. Il a posé, bien avant NotPetya, la question de l'exclusion de guerre pour une attaque étatique contre une entreprise, dans un pays qui n'était pas en conflit armé déclaré. Et il a révélé une dépendance matérielle : le remplacement massif de disques durs a suffi à tendre le marché mondial du composant.
Le 11 octobre 2012 à New York, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta qualifie l'attaque contre Saudi Aramco de probablement la plus destructrice subie jusque-là par le secteur privé, en citant plus de 30 000 ordinateurs rendus inutilisables.
Shamoon, attaque Saudi Aramco, Disttrack
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