Défense avancée (defend forward)
Doctrine américaine de 2018 qui autorise le Cyber Command à agir dans les réseaux adverses, hors du territoire américain, avant qu'une attaque n'atteigne sa cible.
En septembre 2018, la stratégie cyber du département de la Défense américain écrit deux mots qui changent le métier : defend forward. Le Cyber Command ne se contente plus de garder les réseaux militaires ; il va chercher l'adversaire dans les siens, ou dans les infrastructures qu'il emprunte, hors du territoire américain. La doctrine sœur, l'engagement persistant, dit la même chose dans la durée : le contact avec l'adversaire est permanent, sous le seuil de la guerre. Un mémorandum présidentiel d'août 2018, le NSPM-13, allège les autorisations. Premier usage rapporté : selon le Washington Post de février 2019, le Cyber Command a coupé d'internet l'Internet Research Agency de Saint-Pétersbourg à partir du jour du scrutin de mi-mandat, en novembre 2018. Donald Trump l'a confirmé en juillet 2020 dans un entretien au même journal. Le Royaume-Uni a suivi avec la National Cyber Force, créée en 2020. Pour l'assurance, la doctrine compte de deux façons. Elle multiplie les cyber-opérations d'États démocratiques, que les clauses LMA 5564 à 5567 excluent comme les autres. Et elle se joue souvent sur des serveurs loués à des tiers, hébergeurs et fournisseurs de nuage, qui peuvent se retrouver systèmes spectateurs d'une opération dont ils ignorent tout.
Exemple construit : un hébergeur néerlandais constate qu'une partie de ses serveurs, loués par un client sous un faux nom, a été mise hors service par une opération gouvernementale étrangère visant un groupe de rançongiciel. Il perd deux jours de chiffre d'affaires sur ces machines. Sa police cyber porte la LMA 5567 : l'opération est étatique, mais l'hébergeur n'en est pas la cible, et l'assureur paie au titre du système spectateur.
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