Explosion de Freeport LNG (2022)
Le 8 juin 2022, une explosion arrête le terminal de liquéfaction de Freeport LNG, au Texas, environ 17 % de la capacité d'export américaine de GNL, jusqu'au début de 2023. Perte d'exploitation, puis litige sur les contrats d'enlèvement.
Quintana Island, Texas, 8 juin 2022 : sur le terminal de liquéfaction de Freeport LNG, une canalisation de GNL isolée entre des vannes fermées se met en surpression et se rompt. Le gaz qui s'échappe s'enflamme. Pas de victime, des dégâts concentrés sur une zone de tuyauteries. Mais le terminal, qui pesait environ 17 % de la capacité d'exportation américaine de GNL, s'arrête, et il ne reprendra qu'en février 2023, train par train, après l'accord des régulateurs fédéraux. L'été 2022 était celui où l'Europe remplaçait le gaz russe par des cargaisons américaines : le TTF a bondi à l'annonce. Pour l'assurance, le dossier pèse en perte d'exploitation bien plus qu'en dommage. La réparation des tuyauteries reste modeste ; huit mois d'arrêt d'une usine de cette taille, en pleine flambée des prix, coûtent beaucoup plus. La garantie PE du propriétaire indemnise la marge perdue après une franchise temporelle, dans la limite de sa période d'indemnisation. Freeport travaille en liquéfaction à façon (tolling) : ses clients, des énergéticiens européens et asiatiques, réservent de la capacité, paient un droit fixe et enlèvent leur propre GNL. Freeport a invoqué la force majeure, que des clients ont contestée en réclamant le surcoût de leurs achats de remplacement au comptant. Ce surcoût échappe à leurs polices dommages, faute de dommage chez eux. Seule une garantie de carence de fournisseur nommant le terminal aurait pu y répondre, et le marché en place rarement sur des montants pareils. Le sinistre a rappelé aux souscripteurs de l'aval gazier qu'un site unique peut concentrer une part nationale d'exportation, donc un cumul de PE chez des dizaines d'acheteurs. À ne pas confondre avec un contrat take-or-pay classique, où l'acheteur paie le gaz même s'il ne l'enlève pas : ici, c'est le vendeur du service qui ne pouvait plus livrer.
Cas d'école chiffré. Le terminal perd une marge de 1,5 M$ par jour. L'arrêt dure 240 jours, la franchise temporelle est de 60 jours, la période d'indemnisation de 12 mois. La PE paie (240 - 60) × 1,5 = 270 M$ ; les 90 M$ des 60 premiers jours restent à l'exploitant. Un client manque dix cargaisons de 3,5 millions de MMBtu et les remplace au comptant avec un écart de 20 $/MMBtu. Le surcoût fait 3,5 × 20 = 70 M$ par cargaison, 700 M$ au total, hors de toute police, à disputer au contrat.
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