Faillite de Baldwin-United (1983)
Faillite en 1983 d'un conglomérat américain, ancien fabricant de pianos, dont les filiales vendaient des rentes différées à prime unique à rendement élevé : 165 000 épargnants avaient confié 4,2 milliards de dollars.
La rente différée à prime unique est un contrat d'épargne : l'assureur garantit un taux pendant la phase d'accumulation, avant toute conversion en rente. Dans les années de taux très élevés, des acteurs ont attiré des milliards en promettant des rendements supérieurs au marché, distribués par des courtiers en valeurs mobilières. Le danger est classique : pour servir le taux promis, l'émetteur investit dans des actifs risqués ou peu liquides, ou, comme ici, dans les titres de sa propre maison mère. Le contrat d'assurance donne alors une apparence de sécurité à ce qui est en réalité une exposition au crédit du groupe. Baldwin-United est devenu le cas d'école de ce risque de concentration et de conflit d'intérêts, à l'origine d'un durcissement des règles sur les placements des assureurs vie en faveur de leurs affiliés.
Baldwin-United s'est placée sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites le 26 septembre 1983, devant près d'un milliard de dollars de dettes ; ses filiales d'assurance, qui vendaient des rentes différées depuis 1979, avaient été reprises par les régulateurs. Le plan de sauvetage adopté en 1984 a restitué l'essentiel des 4,2 milliards de dollars de capital confiés par 165 000 épargnants, et les maisons de courtage ont versé environ 135 millions de dollars pour clore les actions collectives.
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