Incendie de nacelle d'éolienne
Un feu à quatre-vingts mètres ou plus, hors de portée des pompiers : la machine brûle en général jusqu'au bout. Le marché répond par la détection et l'extinction automatiques dans la nacelle, et le prix s'en ressent.
En 2014, des chercheurs de l'Imperial College de Londres et de l'institut suédois SP ont recoupé les sources disponibles : l'industrie éolienne déclarait une douzaine d'incendies par an, ils en estimaient plutôt cent dix-sept, sur un parc de plus de deux cent mille machines. Le feu venait au deuxième rang des accidents graves, derrière la rupture de pale. La foudre arrivait en tête des causes, puis les défauts électriques, les défaillances mécaniques et les erreurs de maintenance. La nacelle concentre tout ce qu'il faut pour brûler. Huile hydraulique et huile de multiplicateur, graisses, câbles, convertisseur et transformateur pour les machines qui l'embarquent, et une enveloppe en composite qui alimente le feu. Un roulement qui chauffe, un arc dans l'armoire de puissance, et l'incendie se propage en quelques minutes. Les pompiers n'ont pas d'échelle à cette hauteur, le parc est souvent isolé : on établit un périmètre, on attend que la machine finisse de brûler et on surveille les débris en feu qui tombent au sol. Le sinistre est presque toujours une perte totale de la nacelle, parfois du rotor et du mât. Le marché tire la conséquence. Sur les grandes machines et en mer, les souscripteurs demandent une détection précoce (fumée par aspiration, capteurs d'arc, surveillance thermique) reliée à l'arrêt et au découplage de la turbine, et une extinction automatique dans les zones à risque, au gaz inerte ou à l'aérosol. Les guides VdS 3523 et CFPA-Europe servent de référence. Sans ces équipements, la franchise monte ou la capacité se resserre. La perte d'exploitation pèse lourd : remplacer une nacelle demande une grue rare, parfois un navire, et des mois d'attente.
Cas d'école chiffré. Une turbine de 6 MW est assurée pour 9 M€, franchise dommages de 250 000 €, franchise perte d'exploitation de 30 jours. Facteur de charge de 35 % et prix de 70 €/MWh : 6 x 0,35 x 24 = 50,4 MWh par jour, soit 3 528 €. La nacelle brûle, la machine est perdue, 300 jours d'arrêt. Dommages : 9 000 000 - 250 000 = 8 750 000 €. Perte d'exploitation : 270 x 3 528 = 952 560 €. Total : 9 702 560 €. Avec une extinction automatique qui étouffe le départ de feu, le dommage tombe à 400 000 € et l'arrêt à 20 jours : 150 000 € payés, rien en perte d'exploitation.
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