Aller au contenu
←Retour au glossaireRisques spéciaux

Inondation par ruissellement

Inondation causée par une pluie intense qui ruisselle sur des sols saturés ou imperméables et dépasse les réseaux d'évacuation, loin de tout cours d'eau, donc hors de la plupart des cartes de zones inondables.

Définition

L'inondation par ruissellement est l'inondation causée par une pluie trop intense pour être absorbée par le sol ou évacuée par les réseaux, qui s'écoule en surface et s'accumule dans les points bas sans qu'aucun cours d'eau ne déborde. Le marché anglophone dit pluvial flood ou surface water flooding, par opposition au débordement de rivière (fluvial) et à la submersion marine. 2 juillet 2011, Copenhague : un orage déverse plus de 100 millimètres de pluie en moins de deux heures. Les égouts refluent, caves et rez-de-chaussée sont noyés dans des quartiers que personne ne classait en zone inondable, et la facture assurée se compte en milliards de couronnes danoises. La ville a ensuite adopté un plan contre les pluies extrêmes qui redessine des rues entières pour servir de canaux. Le phénomène échappe aux outils classiques. L'averse dure quelques dizaines de minutes, la zone touchée tient en quelques kilomètres, et la profondeur d'eau dépend d'un trottoir, d'un soupirail ou d'une rampe de parking souterrain. Un modèle de ruissellement crédible demande un modèle numérique de terrain au mètre près, une hypothèse sur la capacité des réseaux et des pluies stochastiques à pas de temps horaire ou plus fin. La directive inondation de 2007 englobe ce type d'inondation, mais les cartes produites par les États membres le traitent de façon très inégale. En France, le régime CatNat le couvre au titre des inondations et coulées de boue, après arrêté de reconnaissance. En Angleterre, l'évaluation nationale publiée par l'Agence de l'environnement en décembre 2024 compte 4,6 millions de biens exposés au ruissellement, contre 2,4 millions aux rivières et à la mer réunies. Réserve de praticien : la sélection par zonage protège mal un portefeuille contre ce péril diffus. Ce qui sépare les bons risques des mauvais, ce sont le sous-sol aménagé, le seuil de porte, la pente de la rue, et ces données figurent rarement dans un bordereau.

Ses 7 renvois, tissés sur les 18 catégories du glossaire
Inondation par ruissellement : illustration de la fiche Risques spéciaux du glossaire AlgoPolis
Exemple

Cas d'école, chiffres inventés : un assureur habitation compte 50 000 logements dans une métropole, dont 3 % en zone inondable de débordement. Son modèle fluvial donne une perte centennale de 40 millions d'euros, concentrée sur ces 1 500 logements. Un orage de deux heures, centennal à l'échelle d'un quartier, touche 2 % du portefeuille, soit 1 000 logements, dont 900 hors zone inondable. À 15 000 euros de dommage moyen, la perte atteint 15 millions d'euros sur un péril qui n'apparaît pas sur la carte servant au tarif.

À lire ensuite
Termes associés
Également connu sous

inondation pluviale, ruissellement urbain, inondation par débordement de réseaux, inondation par orage

Rester informé

Suivez la recherche

Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.

Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.