Moteur de règles
Logiciel qui applique à chaque dossier des règles « si ... alors » écrites par des experts, en souscription comme en détection de fraude, traçable et modifiable vite, mais rigide et contournable.
Au milieu des années 1970, à Stanford, le système expert MYCIN propose des traitements contre les infections bactériennes à partir de quelques centaines de règles « si ... alors » rédigées avec des infectiologues, et chaque conseil se justifie en remontant la chaîne de règles qui l'a produit. Le moteur de règles métier reprend ce principe dans les systèmes de gestion des assureurs. Des experts écrivent des conditions explicites (si le sinistre survient moins de trente jours après la souscription, si le montant dépasse un plafond, si le conducteur a moins de vingt et un ans et le véhicule plus de 150 chevaux), et le moteur les évalue sur chaque dossier pour accepter, refuser, renvoyer à un humain ou lever une alerte. En souscription, il porte les normes d'acceptation et les délégations ; en sinistres, il forme la première couche de la détection de fraude, avant ou à côté d'un modèle appris. Son atout est la traçabilité. Chaque décision cite la règle qui l'a provoquée, ce que demandent un auditeur, un régulateur ou un assuré qui conteste, et une règle se modifie en un après-midi sans rien réentraîner. Ses faiblesses sont symétriques. Les règles s'empilent par strates, se contredisent, et un portefeuille finit avec des milliers de conditions que plus personne ne relit en entier. Elles ne voient que ce qu'on a pensé à écrire, avec des seuils nets que les fraudeurs apprennent vite : quand un réseau sait qu'un sinistre au-delà de 3 000 euros part en expertise, ses déclarations se regroupent autour de 2 900. Un modèle appris capte des combinaisons que personne n'aurait formulées, mais il explique moins bien ses sorties et dérive en silence. Beaucoup d'assureurs font cohabiter les deux, la règle gardant les exigences réglementaires et les refus nets, le modèle classant le reste, et le vrai arbitrage porte sur qui a le dernier mot quand ils divergent.
Cas type : un assureur santé code une règle qui envoie en contrôle toute facture d'optique supérieure à 600 euros. En six mois, la part des factures comprises entre 550 et 599 euros double chez une poignée d'opticiens, ce qu'aucune règle ne voyait et qu'un modèle d'anomalie repère en une semaine.
moteur de règles, moteur de règles métier, business rules engine, rules engine, brms, système à base de règles, système expert, règles de gestion
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.