ProxyLogon (Microsoft Exchange, 2021)
Exploitation massive, début 2021, de quatre failles inédites des serveurs de messagerie Microsoft Exchange, d'abord par un groupe lié à l'État chinois puis par de nombreux criminels, attribuée officiellement à la Chine en juillet 2021.
Les failles permettaient de prendre le contrôle d'un serveur Exchange installé chez l'entreprise, sans identifiant, puis d'y déposer une porte dérobée. Un groupe lié à l'État chinois les exploitait discrètement contre des cibles choisies ; dans les jours qui ont précédé et suivi le correctif, l'exploitation est devenue indiscriminée, et d'autres groupes, dont des opérateurs de rançongiciel, se sont servis. Le cas illustre la bascule d'une opération d'espionnage ciblée vers un événement d'accumulation touchant des dizaines de milliers d'organisations. Il pose une question difficile aux exclusions de guerre et d'opérations étatiques : l'origine est étatique, mais une grande partie des dommages est causée par des criminels qui ont réutilisé la faille.
Microsoft a publié ses correctifs le 2 mars 2021 et attribué la campagne initiale au groupe qu'il nomme Hafnium. Au moins 30 000 organisations américaines ont été compromises selon les premières estimations. Le 13 avril 2021, le FBI a obtenu d'un tribunal l'autorisation d'effacer à distance des portes dérobées sur des centaines de serveurs, et le 19 juillet 2021 les États-Unis, l'Union européenne, le Royaume-Uni et l'OTAN ont attribué l'opération au ministère chinois de la Sécurité de l'État.
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