Risque systémique d'un modèle à usage général
Qualification réglementaire déclenchée par la puissance de calcul employée à l'entraînement, qui impose des obligations renforcées aux modèles les plus capables.
Règlement (UE) 2024/1689, article 51, paragraphe 2 : un modèle à usage général est présumé à risque systémique dès que son entraînement a consommé plus de 10^25 opérations en virgule flottante. Les obligations des fournisseurs de ces modèles s'appliquent depuis le 2 août 2025. Le règlement européen sur l'intelligence artificielle traite à part les modèles à usage général. Ils n'ont aucune finalité assignée et servent de socle à des applications que leur fournisseur ne connaît pas. Parmi eux, le texte isole ceux qui présentent un risque systémique et leur impose des obligations renforcées : évaluation des modèles, essais adverses, notification des incidents graves, protection de la cybersécurité. Le critère de déclenchement est purement quantitatif, et c'est ce qui le rend remarquable. Il retient le calcul cumulé employé à l'entraînement, mesuré en opérations en virgule flottante, au-delà d'un seuil fixé dans le texte. Le législateur l'assume comme un pis-aller, faute de pouvoir mesurer directement la capacité. Le choix a ses défauts. Un seuil fixe se périme à mesure que les méthodes gagnent en efficacité, et un modèle très capable, entraîné efficacement, peut passer en dessous. Le texte prévoit donc de réviser le seuil. Il laisse aussi à la Commission le pouvoir de qualifier un modèle sur d'autres critères, ce qui remet du jugement là où le chiffre échoue.
Le règlement (UE) 2024/1689 présume qu'un modèle d'intelligence artificielle à usage général présente un risque systémique lorsque la quantité cumulée de calcul utilisée pour son entraînement, mesurée en opérations en virgule flottante, dépasse dix puissance vingt-cinq.
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