Rupture de l'oléoduc de Kalamazoo (2010)
En juillet 2010, l'oléoduc 6B d'Enbridge se rompt près de Marshall, dans le Michigan, et déverse environ vingt mille barils de bitume dilué dans un affluent de la rivière Kalamazoo : une dépollution de plus d'un milliard de dollars.
Le 25 juillet 2010, l'oléoduc 6B d'Enbridge, qui transporte du bitume dilué du Canada vers le Midwest américain, se rompt à une fissure de corrosion près de Marshall, dans le Michigan. Le centre de contrôle d'Edmonton prend l'alarme pour une bulle de gaz et relance deux fois la pompe : plus de dix-sept heures passent avant qu'un employé d'une compagnie de gaz locale ne signale la fuite. Environ vingt mille barils s'écoulent dans le ruisseau Talmadge, puis dans la rivière Kalamazoo, sur plus de quarante kilomètres. Le bitume dilué coule : sous la surface, il se dépose dans les sédiments, ce qu'une marée noire de brut classique ne fait pas. La dépollution a duré des années et dépassé le milliard de dollars, selon les chiffres de l'exploitant. Le régulateur fédéral des pipelines, la PHMSA, a proposé en 2012 une sanction civile de 3,7 millions de dollars, la plus lourde de son histoire à cette date. En 2016, l'accord passé avec le département de la Justice et l'EPA y ajoute 61 millions de dollars de pénalités civiles au titre du Clean Water Act. Ce sinistre donne aux assureurs l'ordre de grandeur d'une pollution fluviale près d'habitations : coût de dépollution, rachat de maisons, indemnisation des riverains. Une police de responsabilité pollution à limite faible ne suffit pas, et les exploitants de pipelines ont depuis relevé leurs limites. Reste l'alarme : la détection a autant failli que le matériau. À ne pas confondre avec Colonial Pipeline, 2021, qui est une cyberattaque sans fuite.
Cas d'école : un exploitant de pipeline dispose d'une limite de responsabilité pollution de 150 millions de dollars. Une rupture du type de Marshall coûte, à l'ordre de grandeur de 2010, plus d'un milliard : l'assurance en couvre un septième, et le groupe supporte le reste sur son bilan, d'où les demandes de limites plus hautes.
Kalamazoo 2010, déversement d'Enbridge à Marshall, ligne 6B Enbridge, marée noire de la rivière Kalamazoo
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.