Les réponses et les explications de chaque question s’affichent ici une fois le parcours terminé. Elles renvoient alors vers la fiche du glossaire correspondante, où la notion est traitée en entier avec son exemple chiffré.
1. Un délai de carence de douze heures paraît un détail de tarification à côté d'une limite de plusieurs millions. Pourquoi ne l'est-il pas ?
Parce que la majorité des incidents se résolvent en deçà et que ceux qui la dépassent la dépassent de beaucoup : cette franchise décide donc si l'immense majorité des sinistres entrent dans la garantie ou n'y entrent pas
La distribution des incidents cyber est très inégale, et c'est elle qui donne à ces quelques heures leur pouvoir : elles ne rognent pas les sinistres, elles les trient. Les trois autres réponses décrivent des effets de calcul, tous plausibles et deux d'entre eux vrais dans certaines rédactions, mais tous d'un ordre de grandeur bien inférieur. Le cumul avec la franchise pécuniaire est une question de rédaction. Le recompte à chaque interruption existe dans des textes et se négocie. Le décalage de la période d'indemnisation confond la carence, qui retarde l'entrée en garantie, avec la durée maximale, qui court à partir du sinistre. Aucun de ces trois effets ne change le sort de la majorité des dossiers ; le tri, lui, le change.
Fiche du glossaire · delai-carence2. Une police borne la période d'indemnisation à la restauration technique des systèmes. Qu'est-ce que cette rédaction laisse dehors ?
Les semaines qui séparent le redémarrage informatique du retour au niveau d'activité attendu : les systèmes tournent, les clients ne sont pas revenus, et les commandes perdues ne se rattrapent pas toutes
Une reprise informatique précède presque toujours de plusieurs semaines une reprise commerciale, et c'est cet intervalle qu'une telle rédaction supprime : elle couvre la moitié du préjudice réel en paraissant couvrir le tout. Les trois autres réponses nomment des périmètres qui se discutent ailleurs et se règlent par d'autres clauses. Les frais supplémentaires relèvent en effet d'une garantie distincte, présente ou non, et leur sort ne dépend pas de cette borne. La période de compromission antérieure à la découverte n'est pas une interruption : l'activité tournait. Les filiales relèvent de la définition des assurés et du périmètre, pas de la fin de la période d'indemnisation.
Fiche du glossaire · perte-exploitation3. Une production revenue à quarante pour cent au bout de six jours. L'entreprise considère qu'elle a redémarré. Que dit le calcul ?
Que ce n'est pas une reprise mais une perte de soixante pour cent qui continue de courir, et qui s'indemnise période par période sur l'écart entre la marge attendue et la marge réalisée
Le mot redémarrage est ce qui égare, parce qu'il décrit un fait technique vrai et en tire une conclusion financière fausse. Les deux propositions qui bornent ou qui maintiennent le taux plein se trompent en sens contraire et pour la même raison : elles traitent l'interruption comme un état binaire, alors que l'indemnité se calcule sur un écart, période par période. Celle qui arrête au sixième jour est l'erreur que commettent les assurés eux-mêmes, et elle leur coûte le plus gros du dossier. Celle qui maintient le taux plein se retourne contre l'assuré dès que l'assureur produit les chiffres de production. Celle qui invoque l'obligation de limiter le préjudice mobilise un devoir réel et lui fait dire l'inverse de son objet : limiter le préjudice est ce que l'assuré a fait en remontant à quarante pour cent, ce n'est pas une raison de ne pas l'indemniser.
Fiche du glossaire · principe-indemnitaire4. Une panne chez un hébergeur interrompt l'activité d'un assuré dont aucun système n'est touché. Qu'est-ce qui décide si la garantie répond ?
La garantie de carence de fournisseur, qui porte ses propres sous-limites et son propre délai, et qui exige souvent une DÉSIGNATION NOMINATIVE des fournisseurs : un assuré qui n'a pas listé son hébergeur découvre au sinistre qu'elle était nominative
L'assuré croit sa garantie générale parce qu'il raisonne sur l'effet, une activité arrêtée, quand le contrat raisonne sur la source. La proposition qui ne retient que le délai de carence décrit exactement cette croyance et c'est la plus fréquente : elle traite l'origine extérieure comme indifférente alors qu'elle est l'objet même d'une garantie séparée. Celle qui exige une faute de l'hébergeur transporte un raisonnement de responsabilité dans une garantie de dommages, laquelle joue sur un fait et non sur une faute. Celle qui fait de l'assuré un tiers bénéficiaire de la police de son hébergeur invente une stipulation qui n'existe pas, et elle est séduisante parce qu'elle décrit ce qu'un assuré souhaiterait : que la couverture suive la dépendance sans qu'il ait à la déclarer.
Fiche du glossaire · carence-fournisseur5. Sur quoi ces dossiers se perdent-ils le plus souvent, et à quel moment cela se joue-t-il ?
Sur la preuve, qui se constitue PENDANT l'incident : l'heure exacte du début, le niveau d'activité réel jour par jour, et ce qu'aurait été l'activité normale. Après, l'assuré négocie sur des impressions contre un assureur qui a payé une équipe pour tenir un journal
L'asymétrie est le point du module : l'assureur a financé des prestataires qui documentent au fil de l'eau, quand l'assuré est occupé à survivre. Les trois autres réponses nomment des difficultés réelles de ces dossiers, et c'est pour cela qu'elles se choisissent. Aucune ne se joue pendant les premiers jours. La qualification de l'évènement et la portée des exclusions se discutent des semaines plus tard, sur des pièces ; le choix de l'expert coûte des délais, pas le dossier. La preuve, elle, ne se rattrape pas : une entreprise qui n'a pas horodaté son redémarrage ne pourra pas le reconstituer, et les journaux techniques dont elle aurait besoin sont parfois chiffrés avec le reste.
Fiche du glossaire · declaration-de-risque