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Le fillundi 7 septembre 20262 sources ouvertes

Les sidecars vie et rente des Bermudes ont quadruplé, et leurs sponsors choisissent aussi les actifs

Le 3 septembre 2026, The Royal Gazette rend compte d'une étude de Morningstar DBRS : le marché bermudien des sidecars de réassurance vie et rente a quadruplé en quatre ans, pour atteindre environ 375 milliards de dollars de passifs assumés. Artemis.bm couvre le même rapport le même jour, sous un titre qui donne le détail que l'agrégat ne montre pas : trois véhicules lancés en 2025 et 2026, chacun adossé à un assureur et à un gestionnaire d'actifs alternatifs nommés. Les Bermudes restent, de loin, le premier marché pour ces structures.

The Royal Gazette retient d'abord la trajectoire : environ 32 % de croissance par an depuis 2021, tirée à la fois par la création de nouveaux véhicules et par l'expansion de ceux qui existent déjà. Le mécanisme, rappelle le journal, permet à un assureur américain d'obtenir un crédit réglementaire pour les affaires cédées à un réassureur bermudien, souvent avec une exigence de collatéral réduite, ce qui libère du capital qui serait sinon immobilisé en face de l'engagement.

Artemis.bm met des noms sur ce que l'agrégat ne montre pas : Chariot Re, adossé à MetLife et General Atlantic, et Sconset Re, adossé à Allianz et PIMCO, tous deux lancés en 2025, puis FCA Re, adossé à Fortitude Re et Carlyle, lancé en 2026. Le site relève aussi un changement de structure. Le modèle, conçu pour céder un bloc de polices déjà en portefeuille, s'étend désormais aux transactions dites « flow », qui cèdent une part convenue de chaque police nouvellement souscrite, au fil de l'eau plutôt qu'en bloc.

Les deux comptes rendus s'accordent sans réserve sur un point : ce marché est présenté comme un instrument de financement éprouvé, sorti du stade de l'expérimentation. Il réunit assureurs, gestionnaires d'actifs alternatifs et investisseurs institutionnels dans une structure où chacun gagne, allège le bilan du cédant et rémunère l'investisseur par une part de la marge. Aucun des deux textes ne s'attarde sur ce qui se passe une fois le passif réellement transféré.

Ce qu'aucun des deux ne dit, et que les trois véhicules nommés montrent pourtant côte à côte, c'est que le sponsor du sidecar est très souvent aussi celui qui choisit les actifs qui adossent l'engagement. Sconset Re est adossé à la fois à Allianz et à PIMCO ; FCA Re, à Fortitude Re et à Carlyle. Le gestionnaire alternatif est l'investisseur qui apporte le capital, et c'est aussi lui qui sélectionne les actifs privés placés en face d'un passif de rente engagé sur des décennies. Avec une croissance de 32 % par an depuis 2021, le passif long de l'assurance vie tout entier se recompose donc, en quatre ans, autour d'un seul modèle de financement, dans lequel celui qui gère l'actif touche aussi la marge sur le risque qu'il a lui-même choisi de prendre.

Pour un actuaire ou un responsable de la gestion actif-passif qui examine le recours d'un cédant aux sidecars bermudiens, le chiffre qui compte est bien moins les 375 milliards de dollars du marché que la part du bloc de rentes de son propre assureur désormais logée dans un véhicule dont le gestionnaire d'actifs est apparenté au sponsor. Le total du marché ne montre jamais cette concentration, et aucun des deux rapports ne la mesure, puisque ni l'un ni l'autre ne porte sur une seule compagnie en particulier.

Ce qu'on ne sait pas encore, c'est comment ces portefeuilles de crédit privé, choisis par les gestionnaires mêmes qui en tirent profit, se comporteraient dans un vrai cycle de défauts : depuis que ce modèle a pris cette taille, le crédit privé à cette échelle n'a jamais traversé un ralentissement de marché complet. On ne sait pas non plus si le passage aux transactions « flow », qui cèdent les polices dès leur souscription, laisse aux régulateurs le temps de voir venir une concentration avant qu'elle ne soit déjà installée. Il n'existe pas de date fixée à laquelle cette question se tranchera. La réponse viendra du premier vrai ralentissement du crédit privé, quel que soit le moment où il arrivera.

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